Un rapport pointe du doigt le salaire d’Amélie Oudéa-Castéra comme dirigeante du tennis

Un rapport pointe du doigt le salaire d'Amélie Oudéa-Castéra comme dirigeante du tennis

Après ses propos sur l’école publique, le mensonge pour justifier la scolarisation de son fils dans le privé et le contournement de Parcoursup proposé par l’école Stanislas, une nouvelle affaire : la ministre de l’Éducation nationale est désormais accusée d’avoir touché un salaire trop important lorsqu’elle était directrice générale de la Fédération française de tennis.

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Les ennuis s’accumulent pour la ministre de l’Éducation. Le salaire d’Amélie Oudéa-Castéra en tant que directrice générale de la Fédération française de tennis (FFT) fait partie des rémunérations jugées « anormales » par une commission d’enquête parlementaire sur les fédérations sportives dont les résultats seront publiés mardi 23 janvier.  

À six mois des Jeux olympiques de Paris-2024, ce rapport, rédigé par la députée écologiste Sabrina Sebaihi brosse un portrait au vitriol du fonctionnement des fédérations sportives, dans la droite ligne d’auditions houleuses à l’Assemblée. Le parquet de Paris avait déjà ouvert plusieurs enquêtes à la suite de signalements de la commission sur d’éventuels « faux témoignages » de dirigeants sportifs devant les parlementaires.

Au cours de trois heures d’audition en novembre, Amélie Oudéa-Castéra, qui se trouve actuellement dans la tourmente en tant que ministre de l’Éducation, avait indiqué qu’elle avait gagné pendant plus d’un an 500 000 euros brut sur 13 mois dont une prime sur objectif de 100 000 euros. Elle avait alors précisé que sa rémunération était « très proche de celle de son prédécesseur ».

Dans son rapport, la commission d’enquête relève ainsi qu’elle a « minimisé de 86 000 euros » son salaire puisque celui de Jean-François Villotte, qui l’a précédée à ce poste, touchait 373 750 euros brut annuels assortis d’une prime de 37 375 euros.

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Le rapport fait aussi part d’une demande de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) – non publique jusqu’ici –, datant de février 2022, avant l’arrivée d’Amélie Oudéa-Castéra à la FFT, de « reconsidérer » les dix plus hautes rémunérations, « les avantages en nature », et juge « considérable – voire anormale – compte tenu du statut associatif de l’organisation (…) » la rémunération du directeur général de l’époque. Ces montants avaient fait réagir pendant la longue audition de la ministre.

« Comprenez qu’on puisse s’interroger au niveau du sport amateur qu’une dirigeante de fédération touche 500 000 euros par an alors que je vois dans ma ville de Toulouse qu’on a plein de clubs qui sont exsangues », a taclé le député LFI François Piquemal.

Une justification contestée

« Je comprends très bien que 500 000 euros puissent paraître élevé au regard des standards de vie des Français », avait-elle rétorqué.

Autre grief à l’encontre de la ministre, avoir justifié son salaire à la FFT par la richesse de cette fédération qui, a-t-elle dit lors de l’audition, ne recevait pas d’argent public. Elle a rectifié très rapidement après l’audition en expliquant que la FFT avait reçu 1,2 million en 2022 – en réalité 1,45 million selon les parlementaires.

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Le rapport « s’étonne » aussi que la ministre des Sports « ait pu nommer au sein du comité national, pour renforcer l’éthique et la vie démocratique dans le sport, en mars 2023, Franck Latty, président du comité d’éthique de la Fédération française de tennis ».

Ce comité « peut être amené à se prononcer sur la gestion de l’ancienne directrice » et « un décret du 4 août 2022 a entendu à juste titre rompre tout lien entre la ministre des Sports et son ancienne fédération ».

Par ailleurs, le président actuel de la FFT, Gilles Moretton, auditionné par la commission, est visé par une enquête du parquet de Paris, comme six autres dirigeants du sport français soupçonnés d’avoir livré de faux témoignages.

Avec AFP

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