in

Réforme de la police judiciaire : Darmanin maintient le calendrier de mise en œuvre à la fin 2023

Réforme de la police judiciaire : Darmanin maintient le calendrier de mise en œuvre à la fin 2023

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, confirme ce
vendredi que la réforme de la police judiciaire
sera mise en œuvre d’ici la fin de l’année, malgré les nombreuses
réticences. La réforme est soutenue par un budget de plus de 15
milliards d’euros pour les cinq prochaines années et la création de
8500 postes indique le ministre dans un communiqué ce vendredi.

Dans ce même communiqué adressé à la direction générale de la
police nationale (DGPN), Gérald Darmanin souligne que la réforme
renforcera la fonction d’investigation, en détaillant le renfort
d’officiers de police judiciaire (OPJ), l’assouplissement des
procédures et la création d’assistants pour aider les
enquêteurs.

La réforme de la PJ, qui vise à placer tous les services de
police d’un département – renseignement, sécurité publique, police
aux frontières (PAF) et PJ – sous l’autorité d’un seul directeur
départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet, a
été critiquée notamment pour son manque de clarté.

Malgré la proposition du Sénat de réaliser un moratoire sur la
réforme jusqu’à la fin des Jeux olympiques de 2024, le ministère de
l’Intérieur a rejeté cette proposition et a insisté sur
l’importance d’être prêt pour l’événement sportif. Gérald Darmanin
a néanmoins accepté la création d’un poste de directeur
interdépartemental (DIPN) pour la police aux frontières et la PJ,
tandis que la sécurité publique et le renseignement seront sous la
coupe d’un directeur départemental (DDPN).

Retrouvez mon courrier aux agents de la
@PoliceNationale
au sujet de la réforme de la Police nationale qui est mise en œuvre
en 2023 pic.twitter.com/fBeYWkJreq

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin)
March 3, 2023

«Une organisation interdépartementale»

Les missions d’information de l’Assemblée nationale et du Sénat
ont jugé que l’échelon départemental était inadapté pour la PJ,
mais Gérald Darmanin a confirmé sa volonté de le maintenir. Dans un
courrier adressé aux organisations syndicales, le ministre a évoqué
les inquiétudes exprimées par les enquêteurs de la PJ, mais a
souligné que la « grande majorité » d’entre eux soutenait le
principe de la réforme.

Pour tenir compte des craintes des Pjistes, Gérald Darmanin a
décidé de « retenir le principe d’une organisation
interdépartementale » dans certains territoires. Ainsi, dans
chaque département d’implantation de services spécialisés, tels que
la PJ et la PAF, à compétence plus étendue que le département, ces
services seront rattachés à un directeur interdépartemental. Le
ministre a également promis que ces services « conserveront la
plénitude de leur compétence territoriale actuelle ».

La réforme, censée simplifier l’organisation de la police
nationale en mettant fin aux « silos » (organisation selon les
filières, ndlr), apparaît très complexe avec des échelons
départemental, interdépartemental, zonal et national. Cependant,
Gérald Darmanin estime que cette réforme est essentielle pour
renforcer la fonction d’investigation.

« Tu annonces une réforme pour simplifier les structures et
au final tu aboutis à un truc encore plus complexe », a réagi
un enquêteur en PJ interrogé par l’AFP, pronostiquant « un chaos
administratif sans précédent avant de grosses échéances, avec des
lignes hiérarchiques illisibles ».

Source : Actu17

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *