Proche des joueurs, souvent n° 2… Qui est Jean-Louis Gasset, le nouvel entraîneur de l’OM ?

Proche des joueurs, souvent n° 2… Qui est Jean-Louis Gasset, le nouvel entraîneur de l'OM ?

À 70 ans, Jean-Louis Gasset prend les rênes de l’Olympique de Marseille. Après une longue carrière souvent passée dans la peau de l’entraîneur adjoint et quelques succès comme sauveteur de clubs en détresse, il doit insuffler un nouvel élan à un OM à bout de souffle. Sa méthode ? Proximité, franchise et travail mental.

Qui a dit qu’il était difficile aux seniors de retrouver un emploi en France ? À 70 ans, Jean-Louis Gasset, démissionnaire en Côte d’Ivoire à la mi-janvier, a déjà trouvé un point de chute : le banc de l’Olympique de Marseille, où il a été annoncé mardi 20 février, 29 jours après son départ de l’équipe des Éléphants.

Après Marcelino, Gennaro Gattuso et Jacques Abardonado pour un bref intérim, il devient le quatrième coach à s’asseoir cette saison sur le très instable banc marseillais. Comme lors de plusieurs de ses expériences passées, il hérite d’une situation difficile : l’OM pointe à la 9e place en Ligue 1, est déjà éliminé de la Coupe de France et n’a plus gagné contre une équipe professionnelle depuis mi-décembre. Le club est également proche d’une élimination en Ligue Europa – Jean-Louis Gasset fera d’ailleurs ses grands débuts jeudi au Vélodrome face au Chakhtar Donetsk pour tenter de sauver la partie européenne de sa saison après le match nul à l’aller.

« C’est quelqu’un qui connaît le championnat, qui a de l’expérience et qui peut amener un changement complet de mentalité et dans les têtes. C’est quelqu’un qui a les clés pour transformer un groupe de personnes qui travaillent ensemble en une équipe », a expliqué le président de l’OM, Pablo Longoria.

Travail mental et proximité

Puisque le mercato d’hiver est terminé, Jean-Louis Gasset ne pourra compter que sur ses talents de meneur d’hommes pour remobiliser des Marseillais en perdition. Et pour cela, il compte travailler fortement sur les faiblesses mentales de ses hommes.

« Quand vous prenez des buts comme ceux que Marseille prend, ce sont des erreurs individuelles et le système n’est pas la cause. Donc c’est mental et je ne prendrai pas un préparateur mental. Le préparateur mental, c’est moi », a-t-il expliqué en conférence de presse, avant de donner un exemple en s’appuyant sur la une récente de L’Équipe. « Je l’ai dit aux joueurs : ouvrez les yeux. La une de L’Équipe faisait quatre entraîneurs. Il faut qu’il y ait une prise de conscience. Vous allez en mettre encore deux ou trois ? »


 

Jean-Louis Gasset a déjà commencé à mettre en place sa méthode : une proximité de tous les instants, illustrée par sa capacité à créer des liens avec ses joueurs rapidement, mais aussi la faculté, grâce à cette même proximité, de dire haut et fort ce qui ne va pas. Entre deux présentations et anecdotes, il a déjà asséné à ses joueurs qu’il était temps d’arrêter de chercher des excuses et qu’il ferait le maximum pour les mettre dans les meilleures conditions pour réaliser des performances : « On prend les joueurs importants, on les met dans les meilleures conditions géographiquement sur le terrain et on construit l’équipe », a-t-il résumé en conférence de presse.

Un long parcours de numéro 2

Formé à Béziers, il passe la majeure partie de sa carrière de joueur à Montpellier. Un club dont son père, Bernard Gasset, est l’un des fondateurs, avec Louis Nicollin. C’est tout logiquement qu’il y entame sa longue carrière sur les bancs à partir de 1985. Il y passe 13 ans en tant qu’adjoint du côté de la Paillade, puis deux ans comme entraîneur principal.

Après une année au Stade Malherbe Caen, il repasse dans le rôle de numéro 2 aux côtés de Luis Fernandez, d’abord au PSG puis à l’Espanyol Barcelone. Dans le premier cas, l’expérience tourne court pour les deux hommes. En Espagne en revanche, les deux hommes laissent un bon souvenir, sauvant le club de la relégation.

Après un détour par Istres en tant qu’entraîneur principal, il s’engage en tant qu’adjoint de Laurent Blanc à Bordeaux en 2007. Le début d’une association prolifique qui durera près d’une décennie. Le duo permet aux Girondins de finir à la deuxième place du championnat la première saison et de remporter la Ligue 1 lors de la saison 2008-2009.

Après la catastrophe du Mondial 2010 marqué par la grève du bus de Knysna, Laurent Blanc prend les rênes de l’équipe de France et amène Gasset avec lui. Les deux hommes entament la reconstruction des Bleus mais quittent le navire après l’élimination contre l’Espagne à l’Euro et l’affaire des « quotas ».

En 2013, le duo retrouve du travail, cette fois au Paris Saint-Germain de Nasser al-Khelaïfi. Malgré des titres à foison, ils sont contraints de démissionner en 2017 après un échec contre Manchester City en Ligue des champions. En quatre ans, ils ont contribué à faire du PSG l’ogre de la Ligue 1.

« C’était la personne la plus importante du staff. Il nous disait tout le temps que nous étions des burettes d’huile. Quand il y avait un problème dans les rouages, c’était à nous de mettre de l’huile. Et lui, il le faisait à merveille avec son petit accent chantant. Il a toujours réussi à fédérer autour de lui », louait notamment Nicolas Dehon, ancien entraîneur des gardiens au PSG, dans Le Parisien en 2019. Zlatan Ibrahimovic, peu connu pour ses éloges des entraîneurs qu’il a côtoyés, avait également loué son travail.

Sauveteur de clubs

Quelques mois après son départ du PSG, Jean-Louis Gasset revient en 2017 dans son club de toujours : Montpellier. Dans le costume de numéro 1, il est chargé de maintenir le club en Ligue 1 et réussit sa mission.

Il déménage ensuite dans le Forez pour un club de Saint-Étienne au bord de la relégation. Là encore, Jean-Louis Gasset retourne la situation. De relégable au départ de Christophe Galtier, les Verts frôlent les places européennes et finissent septièmes de Ligue 1.

L’expérience suivante, aux Girondins de Bordeaux, est moins concluante. En deux ans, il ne parvient pas à faire mieux qu’une 9e place de Ligue 1 avant d’être licencié par le président.

Jean-Louis Gasset voulait un « nouveau défi » et a été choisi par la Côte d’Ivoire pour entraîner sa sélection à partir de 2022. Mais les phases de poules de la Coupe d’Afrique des nations 2024 ont rapidement scellé le sort de l’ancien Montpelliérain, qui préfère démissionner pour remobiliser ses « enfants », comme il surnomme les joueurs. Electrochoc réussi : son adjoint Émerse Faé prend les rênes de l’équipe et l’emmène jusqu’au titre.

« En deux semaines, j’ai remporté la CAN, mais il ne faut pas oublier le travail qui a été fait en amont avec le coach Jean-Louis Gasset, qui a fait un énorme travail depuis juin 2022. Sincèrement, il a fait presque 85 % du travail. Nous, on a essayé de finir ce qu’il avait bien commencé », a expliqué récemment le nouveau coach des Éléphants. « C’était ma première expérience avec un groupe professionnel et jusqu’à présent, je n’avais fait que du centre de formation. J’ai vécu un an et demi avec lui, où j’ai appris aussi à avoir une vision du côté entraîneur dans le monde professionnel. Donc oui, il a sa grosse part de responsabilité dans le sacre final. »

Thérapie par le football

Jean-Louis Gasset a bien failli arrêter d’entraîner dès janvier 2017, au moment du décès de sa femme. Aujourd’hui, le septuagénaire affirme que c’est le football qui l’a aidé à faire son deuil. Le ballon rond lui a permis de « s’occuper l’esprit » et d’éviter de rester « chez lui à se lamenter ».

Pour prendre ses fonctions, il va devoir obtenir une dérogation de la Ligue de football professionnel (LFP) pour entraîner l’OM, le règlement affichant un âge limite de 65 ans pour être aux commandes d’une équipe professionnelle. Mais le nouveau coach de l’OM préfère en rire, comme il l’a fait lors de sa première conférence de presse : « Est-ce qu’on s’est posé la question de l’âge pour Arsène Wenger, Alex Ferguson ou Raymond Goethals ?  (…) Je vis l’instant. On m’a demandé de réussir un pari et je kiffe l’instant, comme disent mes petits », a-t-il souri.

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