« Pire que la honte ! » : la colère des supporters de la Côte d’Ivoire, au bord de l’élimination

"Pire que la honte !" : la colère des supporters de la Côte d'Ivoire, au bord de l'élimination

De nos envoyés spéciaux à Abidjan – La raclée encaissée lundi par la Côte d’Ivoire à domicile contre la Guinée équatoriale (0-4) lors de la Coupe d’Afrique des nations va laisser des traces chez les supporters des Éléphants. « Une honte », ont-ils répété à France 24 à la sortie du match, passablement énervés.

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C’est une soirée qui fera date dans l’histoire du football ivoirien. Lundi 22 janvier, alors que la Côte d’Ivoire était sous pression pour accéder aux huitièmes de finale sa Coupe d’Afrique des nations à domicile, les Éléphants sont tombés de haut, corrigés par une Guinée équatoriale clinique (0-4).

À la 75e minute, lorsque Emilio Nsué a inscrit le troisième but de la partie, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les supporters des Orange ont commencé à quitter le stade par milliers. Pour ceux qui restaient, plus question d’encourager les joueurs mais de les siffler à chaque prise de balle.

Le résumé du matchHumiliée par la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire en ballotage pour les 8es

« Pire que la honte »

« Si vous ne voulez pas mouiller le maillot pour la Côte d’Ivoire, restez chez vous. C’est pire que la honte ! », hurle M. Gnabé en quittant les tribunes.

« Je ne sais même quoi dire aux joueurs. Une victoire, deux défaites. C’est humiliant. 3 à 0. Je préfère rentrer chez nous », lâche Sostene.

Le supporter des Éléphants ne verra pas le quatrième but équato-guinéen, inscrit juste avant les arrêts de jeu par Jannick Buyla. Le coup de sifflet final déclenche le chaos. Les supporters commencent à lancer des objets sur le terrain tandis que d’autres tentent d’envahir la pelouse. Les gendarmes sont intervenus et les joueurs sont sortis du terrain sous escorte.

Gasset, cible de la colère

« Qu’est ce qu’on peut dire après une déculottée pareil », lâche, dégouté, Aboubakar, supporter ivoirien.

Cible de son ire, comme beaucoup de ses compatriotes : le sélectionneur Français Jean-Louis Gasset : « Personne n’en voulait ! Qu’est ce qu’il a fait avec Bordeaux ? Rien ! Qu’est ce qu’il a fait avec le PSG ? Rien ! »

« Il n’y aucun fond de jeu, aucun système de jeu », reproche un autre. « Plus jamais une Coupe d’Afrique à la maison ! Pas tant qu’on n’a pas tout changé ! »

La Côte d’Ivoire n’est pas encore mathématiquement éliminée. Troisième de son groupe avec 3 points, elle peut espérer être parmi les quatre meilleures troisièmes repêchés. Mais pour les supporters, l’essentiel n’est plus là. Quelque chose est cassé.

« Découragement n’est pas ivoirien »

Aboubakar finit par sourire de la situation. « Découragement n’est pas ivoirien », dit l’informaticien avant de saisir un drapeau de l’adversaire du soir : « Ce (lundi) soir, il faut féliciter la Guinée équatoriale ! Ils ont donné une leçon de football. »

Il promet, toutefois, que les stades ne seront pas vides pour le reste de la CAN : « On ne va pas arrêter de venir au stade ! On va soutenir nos frères africains ! »

C’est, cependant, la colère qui domine principalement. Des échauffourées ont éclaté autour du stade, ont confirmé plusieurs sources à France 24, obligeant les gendarmes à intervenir. Les Équato-Guinéens ont longtemps attendu que la situation se calme avant de quitter le stade en bus.

Quant aux joueurs ivoiriens, ils sont restés prostrés plus de trois heures dans leur vestiaire avant de sortir, sans dire un mot à la presse. Seul Bonaventure Kalou s’est arrêté pour répondre aux questions, parlant d’une « soirée cauchemardesque pour le football ivoirien ». « Il reste encore de l’espoir », veut-il croire.

Un espoir sous la forme d’une bonne nouvelle intervenue en fin de soirée. Au terme d’un dénouement complètement fou dans le groupe B, le Ghana, troisième, ne compte que deux points et se trouve donc derrière les Ivoiriens au jeu des meilleurs troisièmes repêchés. Plus qu’à attendre une autre équipe prête à sortir. Mais les supporters reviendront-ils ?

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