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VIDEO. Luz-Ardiden : le ski en fauteuil avec deux pilotes bénévoles

l’essentiel
Profitant de l’organisation, ce samedi 12 février, de la première “Handiski Ardiden”, nous avons testé une descente en fauteuil, ce jeudi 10, à Luz-Ardiden, avec deux pilotes bénévoles de l’association CAPP Glisse Tarbes 65, Dominique Gay-Capdevielle et Michel Robert.

Dominique Gay-Capdevielle et Michel Robert, pilotes fauteuil bénévoles de l’association CAPP Glisse Tarbes, garent leur véhicule en bordure du front de neige, à Luz-Ardiden. La station de Luz permet en effet de décharger le fauteuil et les skis facilement. “Cette accessibilité est très appréciable pour nous, accompagnants, et aussi les personnes en situation de handicap. On est directement sur le front neige et on a plus qu’à embarquer sur le télésiège d’Aulian. Depuis des années, on est très bien accueilli à Luz”, apprécie Dominique. Ils m’équipent d’un casque, puis je m’installe sur le fauteuil, bien calé au fond. Michel referme la couverture qui est censée envelopper tout le corps du passager, bras à l’intérieur, par mesure de sécurité. Pour les besoins de prises de vues, je garde les bras libres.

Sanglé aux jambes et attaché sur le thorax, les deux conducteurs me présentent au départ du télésiège. L’employé stoppe la remontée le temps que l’on embarque. L’arrivée en haut du télésiège Aulian s’effectue en douceur. Après une petite pause interview, c’est parti pour la descente de la Grande Bleue, sans appréhension, ni gêne. On ne sent pas saucissonné. La position est confortable. Cela me fait penser à celle adoptée lors de balade en traîneau à chiens. Ciel bleu, soleil, les conditions sont optimales pour ce baptême en fauteuil. Dominique attaque la descente doucement et multiplie les virages pour couper la pente. Michel suit derrière. à mi-piste, les deux pilotes se relaient. Ils sont tous les deux attentifs aux skieurs qui dévalent la piste afin de ne pas entrer en collision avec eux. Assis dans le siège, il n’y a qu’à profiter de la vue, en confiance, en partageant les sensations de glisse avec chacun des deux pilotes. On rejoint sans souci le front neige de Luz, ravi de la balade et du contact établi avec les deux conducteurs.

Toujours en binôme

L’association CAAP Glisse Tarbes 65 a 20 ans et  compte une trentaine de bénévoles et dispose de 6 fauteuils. Ils ont un diplôme de conducteur fauteuil qui leur permet d’aller uniquement sur les pistes bleues. Ils suivent un stage de recyclage chaque année . “En lien avec des foyers et d’autres associations, nous montons entre 4 à 5 fois par semaine à Luz-Ardiden. Nous pilotons à la fois des personnes en situation de handicap moteur et mental, des adultes, des enfants”. Dominique ajoute ensuite qu’ils sont toujours deux pilotes pour accompagner une personne. Et de préciser qu’en priorité “on doit faire attention à la personne transportée. Ce sont des personnes qui ont été cabossées dans la vie. Il ne faut pas qu’on les cabosse encore plus. Il faut y aller en sécurité, en prudence, sans vitesse. Ensuite, il faut faire attention aux skieurs sur les pistes. Car il y a des débutants, des enfants et en aucun cas il ne faut faire une fausse manipulation et percuter un skieur. Cela peut faire très mal, donc il faut beaucoup anticiper, les virages, la trajectoire, pour pouvoir skier en toute sécurité”. 

En retour, les pilotes bénévoles se paient d’un sourire de la personne transportée. “C’est une richesse humaine. Lorsque l’on a même qu’un sourire de la personne parce qu’elle n’arrive pas à communiquer, on est heureux. Et le soir, on dort bien car c’est physique. Quand les personnes peuvent communiquer, certains veulent de la vitesse, d’autres veulent profiter du panorama. Un grand sourire, un merci avec la tête, ça nous suffit”, apprécie Dominique. 

Arnaud Libilbehety, directeur de Luz-Ardiden, salue l’action des pilotes bénévoles et l’implication des associations. Il souligne que l’accueil de personnes en situation de handicap, relève de “la responsabilité sociale d’une station comme la nôtre. Nous avons un rôle social, territorial à jouer. Il s’agit de montrer, à l’approche des jeux paralympiques d’hiver que le sport pour tous, ce n’est pas qu’à la télé, mais que cela se pratique aussi chez nous”. Arnaud Libilbehety ajoute par ailleurs que l’on n’est pas “obligé d’être en situation de handicap pour faire du fauteuil. C’est accessible à n’importe qui, valides ou moins valides. Cessons de catégoriser le handicap. On peut très bien imaginer des petits enfants emmener leur grand-mère ou leur grand-père en fauteuil”.

 

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/10/luz-ardiden-le-ski-en-fauteuil-avec-deux-pilotes-benevoles-10101751.php

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