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Toulouse : il vivait seul depuis 25 ans, son cadavre découvert quatre mois après sa mort

L’immeuble ne paie pas de mine. Une façade gris pâle, éventrée en son centre pour y faire passer les voitures. Ce bâtiment est situé en bordure d’une ruelle en pente dans un quartier de l’est de Toulouse près de Balma. Laurent (*) y vivait seul depuis 25 ans dans un petit studio au rez-de-chaussée. Son cadavre, en putréfaction avancée, a été découvert le 5 février. Il se décomposait depuis quatre mois. La piste criminelle a été très rapidement écartée, Laurent est décédé de mort naturelle après une hémorragie interne.

Cet agent de nettoyage, âgé de 63 ans, allait bientôt faire valoir ses droits à la retraite. Décrit par son voisinage comme un personnage très discret, il n’avait pas l’habitude de s’épancher. Il était toujours courtois et les conversations avec les autres résidents se limitaient souvent à des « bonjour, bonsoir ».

Elle parcourt les avis de décès, téléphone aux hôpitaux

Passionné d’informatique, il pouvait passer des heures à jouer à des jeux vidéo. En journée, il avait pris l’habitude de ne jamais relever complètement son volet roulant. Seul un petit filet de lumière naturelle se faufilait dans le studio.

Le volet est resté bloqué dans cette position des mois durant, sans que cela n’émeuve personne.
Il a fallu que sa propriétaire commence à s’inquiéter pour que les choses bougent enfin. Laurent n’avait pas payé son loyer, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Elle avait alors tenté de le joindre, sans succès.
Le temps passant, toujours plus inquiète, elle avait commencé à parcourir les avis de décès parus dans les annonces officielles ou en se renseignant auprès des établissements de santé du coin. Histoire de savoir si Laurent n’était pas hospitalisé dans l’un d’entre eux. Enfin, elle s’était résolue à appeler les forces de l’ordre. La police lui avait conseillé de se rendre directement dans l’appartement. « Elle m’avait demandé de l’accompagner parce qu’il fallait un témoin », raconte Mireille, une voisine de Laurent qu’elle croisait régulièrement dans le hall.

Les résidents choqués

Les deux femmes et le compagnon de la propriétaire ont découvert Laurent inanimé sur son lit en vêtements de ville. « Il portait encore ses chaussures… Même si on n’entretenait pas de rapports amicaux, il faisait partie de mon quotidien. Se dire qu’il est mort tout seul comme ça me fait vraiment mal au cœur », confie la retraitée.
La nouvelle a fait rapidement le tour de l’immeuble surtout après le passage des agents de police et des pompes funèbres, chacun se demandant comment la terrible découverte avait pu survenir si tard.
L’un des résidents s’est alors souvenu qu’il émanait une odeur assez désagréable du studio de Laurent mais il n’y avait pas porté attention plus que ça. D’autant qu’elle avait disparu au bout de quelques semaines. Normal dans le cycle naturel de dégradation d’un corps…

Ce genre de faits restent exceptionnels même dans une grande ville comme Toulouse. En général, les secours sont alertés par des connaissances ou la famille beaucoup plus tôt. Signe que Laurent était particulièrement esseulé.
(*) Les prénoms ont été modifiés

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/15/toulouse-une-mort-qui-symbolise-toute-la-solitude-ayant-cours-dans-les-grandes-villes-10112027.php

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