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Symptômes du coronavirus : les nouveaux signes d’alerte a ne pas ignorer

Symptômes du coronavirus

Le Coronavirus entraîne des symptômes très différents d’une personne à une autre. Parmi les signes les plus fréquents, il y a la fièvre, la toux sèche, la fatigue, les maux de gorge, les diarrhées ou les vomissements. Parfois, ils sont associés à une perte d’odorat ou de goût, un urticaire… Quels sont les nouveaux symptômes ? Quand apparaissent-ils ? Que faire s’ils persistent ?

Les symptômes du coronavirus sont de plus en plus connus, même s’ils varient énormément d’une personne à une autre. Parmi les nouveaux symptômes, plus rares, recensés par Santé publique France au 20 août, il y a : une tachycardie inexpliquée, des malaises inexpliqués, une altération soudaine de l’état mental (troubles de l’inattention…), une diminution brutale de la tension artérielle, une hypoxie (diminution de la quantité d’oxygène que le sang distribue aux tissus), des chutes ou encore, des frissons. D’autre part, une personne sur deux (52%) testée positive au coronavirus serait asymptomatique, selon le bulletin national du 20 août de Santé publique France. C’est-à-dire qu’elles présentent très peu voire aucun symptômes. Cette absence de symptômes est surtout visible chez les personnes jeunes, de moins de 44 ans. Pour les autres, au bout de combien de temps les symptômes sont-ils apparus ? Parmi les personnes symptomatiques, 25% avaient présenté des symptômes le jour ou la veille du prélèvement ; 54% entre 2 et 4 jours avant le prélèvement, 20% entre 5 et 7 jours avant le prélèvement et 1% plus de 7 jours avant le prélèvement. Parmi les symptômes évocateurs du Covid-19, il y a la toux, la fièvre, la perte de goût ou d’odorat, la fatigue, les difficultés à respirer, les diarrhées, les éruptions de la peau ou la décoloration des doigts ou des orteils. Mais parfois, l’infection à SARS-COV2 peut provoque des symptômes persistants ou survenant tardivement, au-delà de 3 semaines après les premières manifestations cliniques. Alors comment savoir si une fièvre, un mal de tête, une fatigue ou une diarrhée sont des signes d’infection qui méritent un dépistage ? Dans quel ordre les symptômes apparaissent-ils ? Sont-ils les mêmes chez l’homme que chez la femme ? Que faire quand les symptômes durent ? Ou quand ils reviennent plusieurs semaines après ? Réponses.

Quels sont les symptômes les plus courants ?

Dans une étude européenne publiée en avril 2020 par une cinquantaine de médecins ORL et chercheurs sur 1420 patients atteints d’une infection légère ou modérée au COVID-19,  les symptômes les plus couramment observés sont : les céphalées (70,3 %), la perte de l’odorat (70,2 %), l’obstruction nasale (67,8 %), la toux (63,2 %), l’asthénie (63,3 %), les myalgies (62,5 %), la rhinorrhée (60,1 %), la dysfonction gustative (54,2 %), les maux de gorge (52,9 %). La fièvre a quant à elle été signalée par 45,4% des patients.

Symptômes hommes-femmes et différences selon l’âge

Les auteurs de l’étude européenne confirme que la prévalence des symptômes varie selon l’âge et le sexe. Parmi leurs patients, 962 étaient des femmes (67,7%) et 459 des hommes (32,3%).

• Les patients jeunes présentent plus souvent des troubles ORL (oreille, du nez et de la gorge).

• Les patients âgés présentent souvent de la fièvre, de la fatigue et une perte d’appétit.

• Les hommes souffrent plus fréquemment de toux et de fièvre.

• La perte d’odorat, les maux de tête, l’obstruction nasale et la fatigue sont plus fréquents chez les femmes.

Quel est l’ordre d’apparition des symptômes ?

Des chercheurs de l’Université de la Californie du Sud (USC) ont tenté de définir l’ordre d’apparition des symptômes du Covid-19. Pour parvenir à leurs résultats, ils ont analysé les données de plus de 56 000 personnes ayant eu le Covid-19 en Chine, collectées du 16 au 24 février 2020 par l’Organisation mondiale de la Santé. Ils se sont concentrés sur les symptômes les plus objectifs (toux, fièvre…) et ont exclu les symptômes plus subjectifs comme les effets neurologiques ou la perte d’odorat. Au terme de leur étude publiée le 13 août 2020 dans la revue Science Daily, les chercheurs ont établi l’ordre probable d’apparition des symptômes du Covid-19 : en premier, une fièvre, une toux, puis des douleurs musculaires, des nausées et/ou des vomissements et enfin, des diarrhées. « Connaître l’ordre des symptômes du COVID-19 peut aider les patients à se faire soigner rapidement ou à décider le plus tôt possible de s’auto-isoler. Cela peut également aider les médecins à exclure d’autres maladies« , expliquent les chercheurs.

Au début, un simple rhume ou un état grippal

« Dans plus de 80% des cas, les signes (d’une infection par le coronavirus) sont mineurs. Ce sont des angines ou des rhinopharyngites » indiquait le Pr Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, lors d’un point de presse le 28 mars 2020. En effet, les premiers malades du coronavirus ont décrit les symptômes du rhume (nez qui coule, fatigue…) mais aussi un état grippal qui peut être « puissant » comme nous l’expliquait Olivier Sadou, infecté par le coronavirus, au mois de mars. Des courbatures et une sensation d’abattement général font aussi partie des symptômes de l’infection.

Avec ou sans fièvre

Parmi les premiers signes du coronavirus qui ont été évoqués : la fièvre. La fièvre est effectivement une réponse de l’organisme qui se bat contre une infection. Elle est présente chez certains malades du Covid-19, sans être forcément très élevée. Dans un rapport de l’OMS publié en février, relayant une étude sur 55 924 malades chinois testés positifs au coronavirus, la fièvre était présente chez 88% des sondés. Alors que dans l’étude européenne menée sur des formes légères à modérées de Covid-19, elle ne concerne que 45% des sujets. Elle peut se situer autour de 37,5-38° par exemple. Elle peut aussi être absente ce qui ne veut pas dire qu’une infection par le coronavirus est exclue. Certains malades testés positifs au Covid-19 n’ont pas de fièvre.

Des maux de tête parfois intenses

Le virus Sars-CoV-2 est souvent associé à des maux de tête. Dans les formes plus sévères, ces maux de tête peuvent être très intenses. Dans l’étude chinoise citée plus haut, 14% des malades avaient mal à la tête. Olivier Sadou nous avait rapporté des maux de tête « violents » comme rarement il avait eu.

Des symptômes dermatologiques, plusieurs jours après le début de l’infection

Urticaire, engelures… Les atteintes dermatologiques sont des manifestations décrites en avril chez des malades du coronavirus. Les dermatologues ont tout d’abord été alertés par quelques cas de taches rouges (érythème) sur le visage de patients infectés par le Covid-19. Dans un communiqué du 6 avril, le Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV) rapporte que plus de 400 dermatologues ont constaté des lésions cutanées chez ces patients.« Il s’agit d’acrosyndromes (aspect de pseudo-engelures des extrémités), apparition subite de rougeurs persistantes parfois douloureuses, et des lésions d’urticaire passagères«  précisent-ils. Le 8 avril, la Société française de dermatologie (SFD) précise que ces symptômes « surviennent plutôt tard dans l’infection, pouvant ainsi suggérer un mécanisme d’origine immunologique »Cette autorité estime qu’il faut davantage de preuve « pour affirmer qu’il s’agit d’un signe précoce du Covid-19 devant conduire à suspecter fortement le diagnostic (comme peut l’être l’anosmie) et conduire à l’isolement du patient ».

Chaque personne présentant des symptômes évocateurs de COVID-19 doit consulter un médecin, réaliser un test diagnostique et respecter les mesures d’isolement.

Que faire ? Les patients qui ont des problèmes cutanés de ce type doivent consulter un dermatologue afin de s’assurer que celles-ci sont associées à un syndrome Covid-19 positif. « Il faut être attentif à ces signes cutanés et rechercher dans le contexte, d’autres signes cliniques, mais il faut aussi rester prudent, car toute engelure n’est pas obligatoirement un signe de Covid, les engelures étant quand même une dermatose assez fréquente. rappelle la SFD.

Des symptômes digestifs : diarrhée, vomissements…

Des troubles digestifs (diarrhées, vomissements…) peuvent survenir en cas de contamination par le coronavirus. Une étude américaine publiée en mars sur des patients atteints du coronavirus en Chine montre que sur 107 hommes et 97 femmes âgés en moyenne de 54,9 ans, près de la moitié (48,5%) s’est rendue à l’hôpital pour des troubles digestifs tels que de la diarrhée (29,3%), des vomissements (8%) ou des douleurs abdominales (4%). Ces symptômes étaient plus prédominants quand les sujets présentaient une forme grave de l’infection. Parmi les sujets atteints de troubles digestifs, sept n’avaient aucun signe d’atteinte respiratoire. En France, la Direction générale de la Santé indiquait le 22 mars que « des formes avec symptomatologie digestive (notamment diarrhée), état confusionnel, initialement non fébriles sont souvent au premier plan chez les personnes âgées ». Parmi les hypothèses envisagées par les chercheurs : le SARS-CoV-2 infecterait les cellules dotées à leur surface d’un récepteur appelé « ACE2 ». Ce récepteur est présent dans les cellules du système respiratoire mais aussi dans celles du tube digestif. Voilà pourquoi le nouveau coronavirus pourrait modifier le transit. Il pourrait aussi provoquer des atteintes au niveau du foie et perturber le microbiote intestinal.

Un mal de gorge, comme une angine

Une infection à coronavirus peut entraîner un mal de gorge. Comme le rappelait (plus haut) le Pr Lacombe, parmi ses signes, des malades rapportent des angines.

La perte du goût et de l’odorat surtout chez les jeunes

C’était un symptôme inattendu. Plusieurs ORL et infectiologues français ont constaté la survenue de perte brutale de l’odorat (appelée aussi « anosmie« ) souvent associée à une perte du goût (agueusie) mais sans obstruction nasale, chez des patients suspects ou confirmés COVID-19Souvent chez des malades« plutôt jeunes » et ayant des formes « peu sévères » de la maladie, rapportait le Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la santé dans un point de situation de l’épidémie fin mars. Ce qu’a confirmé une étude européenne publiée en mai 2020. « Les patients jeunes présentent plus souvent des troubles ORL (oreille, du nez et de la gorge) » rapportent les auteurs. Et de constater aussi que « les femmes étaient nettement plus atteintes par cette anosmie ». Pour eux, la perte d’odorat était un symptôme clé chez les patients atteints de Covid-19 légère à modérée. Elle n’était pas associée ni à une obstruction nasale, ni à une rhinorrhée (nez qui coule) parmi leurs sujets.

Pourquoi une perte de l’odorat ? « Le coronavirus s’attaque aux cellules du système nerveux central, c’est comme ça qu’il va perturber le goût et l’odorat du malade », expliquait le Pr Karine Lacombe le 28 mars. Plusieurs études ont émis l’hypothèse que le virus infectait les nerfs olfactifs dans le nez. Mais des chercheurs d’INRAE, en collaboration avec l’Anses, ont démontré, chez le hamster, que le virus infecte d’autres cellules de la muqueuse nasale, mais pas les nerfs olfactifs. « Le SARS-CoV-2 entre dans les cellules par un récepteur spécifique, appelé ACE2. Les neurones olfactifs présents dans le nez sont entourés de cellules de soutien dites sustentaculaires qui ont ce récepteur spécifique ACE2 », expliquent ces chercheurs dans un communiqué du 8 juillet. Leurs travaux ont montré que le SARS-CoV-2 infecte massivement ces cellules sustentaculaires mais pas les neurones olfactifs. Ils ont constaté qu’en plus de l’infection des cellules de soutien, il y avait une desquamation de la muqueuse nasale, ce qui pourrait expliquer la perte d’odorat. En effet, la desquamation de la muqueuse nasale entraîne une perte des neurones olfactifs responsables de la détection des odeurs. Si le même mécanisme que chez le hamster infecté se déroule chez l’Homme, il pourrait être à l’origine de l’anosmie observée.

Combien de temps ça dure ? Dans leurs expériences, les chercheurs ont observé une récupération de 50% de la structure initiale de la muqueuse nasale, 14 jours après le début de l’infection. Ils soulignent que la muqueuse nasale est capable de se régénérer tout au long de la vie grâce à des cellules pluripotentes.

Que faire ? Consulter un médecin traitant ou ORL si le trouble persiste et ne pas s’auto-médiquer. Le Syndicat national des médecins spécialistes en ORL et chirurgie cervico-faciale (SNORL) recommandait par ailleurs aux médecins, lors du pic épidémique de ne pas prescrire de corticoïdes par voie générale ou locale devant tout tableau clinique comportant une anosmie ou une dysgueusie aiguës. « Dans l’état actuel des connaissances, on ne sait pas si les lavages de nez sont à risque de dissémination virale le long des voies aériennes. Il est donc recommandé de ne pas en prescrire, ce d’autant que ces anosmies ne sont pas habituellement accompagnées d’une obstruction nasale invalidante » ajoutaient ces experts.

Dyspnée et détresse respiratoire : les signes plus graves

Si tous les symptômes évoqués ci-dessus restent relativement bénins, une dyspnée voire une détresse respiratoire sont les premiers signes graves d’une infection Covid-19. Et ils touchent « environ une personne sur six contractant la maladie », indique l’OMS. La dyspnée correspond à des difficultés respiratoires. Concrètement « ce sont des signes de pneumonie donc d’infection du poumon. C’est globalement un taux d’oxygène qui va baisser et un syndrome infectieux qui va augmenter, de la fièvre qui augmente, des difficultés respiratoires, on cherche de l’air, on s’étouffe un peu de l’intérieur, la fréquence respiratoire augmente, les ongles sont un peu bleutés » décrit le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l’Hôtel-Dieu. On parle alors de SDRA ou Syndrome de Détresse Respiratoire Aigue. C’est une urgence vitale.

→ Ressentir un essoufflement dans des activités simples chez soi est un signe qui doit alerter« , a rappelé le Pr Jérôme Salomon le 27 mars. Il ne faut pas attendre que cela empire. Ce symptôme nécessite une téléconsultation ou un appel au 15.

 

 

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Written by BuzziDay