REPORTAGE. Dans le quartier nord de Toulouse, la police joue aussi la carte de la proximité


l’essentiel
Toulouse compte neuf commissariats ou postes de police. Dans les structures intermédiaires, comme au commissariat nord, on lutte contre les dealers et la délinquance du quotidien.
 

« Je préfère me déplacer, aller voir… Avec l’expérience on évalue mieux les risques, les possibilités ou pas de trafic. Surtout, quand je vais rappeler la personne qui a donné l’alerte, je saurai de quoi je parle », prévient Delphine, capitaine et responsable du commissariat Nord. Avec un membre de sa BST, cet officier arpente un vaste parking sous-terrain d’une des nombreuses résidences de son secteur. 100 000 habitants au nord de Toulouse, des Minimes jusqu’à Lalande, du canal latéral de la Garonne jusqu’à Croix-Daurade.
Un vaste territoire avec ses inévitables points délicats. « Les Izards classé en quartier de reconquête républicaine avec Borderouge, Fondeyre et la prostitution, la barrière de Paris où transite beaucoup de monde », énumère cette fonctionnaire, les yeux posés un peu partout dans le parking presque vide. « Pas de trace suspecte », estime cette mère de famille. Le policier qui l’accompagne partage l’analyse. « Faudra quand même y passer, le soir ».
Lors du briefing avec les quinze policiers qui assurent les patrouilles de l’après-midi et de la soirée, elle passe la consigne. Elle détaille aussi un flag réalisé par des collègues 48 heures plus tôt. Les perquisitions de la sûreté urbaine ont été fructueuses. Le point implanté à Borderouge faisait l’objet de surveillances discrètes depuis quelques jours par ses équipes. « On ne s’était pas trompé ».

Les dealers dans le viseur

Une croix de plus dans la colonne des lieux de trafic déstabilisés. Depuis la montée en puissance de la BST Nord, il y a un an, le harcèlement des points de vente se joue au quotidien. « Il y avait jusqu’à 40 clients qui patientaient sur les points de deal des Izards. Aujourd’hui, à certaines heures, on ne voit même pas quatre clients », glisse un policier. Victoire ? En réponse, un court sourire vite remplacé par un avertissement : « Ils s’adaptent. On leur a fait mal mais maintenant ils livrent à domicile » L’explosion des Uber shit, plus compliquée à contrer mais ces enquêtes progressent, elles aussi.
Un petit détour auprès des deux policiers « aux plaintes » et le capitaine entame une rencontre. Face à elle ce jour-là, Cécile Dufraisse, la maire du quartier Pont-Jumeaux-Minimes-Barrière de Paris, ses collaboratrices, le délégué police population. Des échanges réguliers, « en moyenne toutes les trois semaines », prévient le capitaine. Ces groupes de partenariat opérationnels cherchent à régler les soucis du quotidien avec les élus, les bailleurs sociaux, la police municipale…

Les points évoqués à la dernière réunion sont repris. Des soucis avec un foyer à La Vache « sont réglés, prévient l’officier. Ils sont demandeurs pour que ça se passe bien ». Deux établissements de nuit qui exaspèrent les riverains ont aussi été visités. « Le premier était fermé, l’autre plein à craquer. On y repasse chaque week-end ». Un autre débit de boissons dans le collimateur a reçu la visite des gardiens de la paix.« Ils jouent le jeu pour maîtriser leurs clients », notent les policiers. L’élu s’inquiète aussi d’un habitant « difficile » qui terrorise ses voisins. Un profil psy « délicat à gérer » selon la capitaine. Les nuisances de la place du Marché aux cochons, aux Minimes, préoccupent l’élue. Les patrouilles vont passer le soir, « observer pour comprendre et réagir ». La sortie d’une école aux Ponts-Jumeaux signalée par une mère de famille a fait l’objet de contrôles. « On y est passé. C’est mieux », tempèrent les policiers. Quarante-cinq minutes pour un tour complet. Rendez-vous dans trois semaines. La maire de quartier apprécie : « On progresse, pas à pas ».
 

Une reconquête qui progresse

En mars 2021, le quartier Izards-Borderouge, déjà placé en zone de sécurité prioritaire, a basculé en QRR, Quartier de Reconquête Républicaine. Un acronyme comme en raffolent l’administration et la police nationale mais qui a un effet important sur l’activité de ce secteur de Toulouse. « Nous avons reçu des renforts au printemps 2021 et à la rentrée. Aujourd’hui je peux compter sur trente fonctionnaires », prévient l’officier responsable. Avec la nouvelle organisation horaire mise en place en septembre, les policiers arpentent le terrain de la fin de la matinée jusqu’à la nuit.
Des patrouilles, jusqu’à cinq si le Covid ne vient pas jouer les troubles fêtes, qui se déroulent en voiture ou à pied. Et, de plus en plus souvent, en VTT électrique, moyen de transport défendu par le directeur départemental. « On effectue de plus en plus de sorties avec. Cela permet de passer dans des endroits différents et on ne voit pas les mêmes choses. Mes patrouilles soulignent aussi que cela facilite le contact avec la population », explique le capitaine. Sans pour autant négliger la répression avec deux interpellations qui ont été réalisées coup sur coup par des policiers à vélo.

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/10/reportage-dans-le-quartier-nord-de-toulouse-la-police-joue-aussi-la-carte-de-la-proximite-10100994.php


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