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Prix du carburant : au Pas de la Case, on monte aussi pour remplir ses jerricans

l’essentiel
Les carburants sont moins chers de 35 à 40 cents au litre, en Andorre. Pour celles et ceux qui montent skier ou faire leurs courses au Pas de la Case, le plein est une étape traditionnelle. Mais on voit aussi les voisins d’Occitanie venir plus souvent à la pompe et en profiter pour remplir leurs bidons d’essence ou de gasoil…

Dominant Le Pas de la Case, la station Gasopas ne dort jamais. 41 pompes pouvant accueillir simultanément 41 véhicules avec “affluence principale entre 10 h et 16 h”, précise un pompiste… Le défilé des voitures est continu, “95 %des clients français qui consomment à 80 % du gasoil, en moyenne”, pointe sur son écran d’ordinateur Jesus Llanas, directeur général de l’incontournable enseigne pesant… “18 millions de litres par an”.

Cet après-midi ? “On a une bonne fréquentation”, sourit-il pouvant suivre instantanément le débit par pompe. 3 000 véhicules par jour en été chez Gasopas, 1 500 en hiver… “On est monté avec Madame pour se changer les idées, faire un peu de shopping et on en profite pour faire le plein”, dit Bernard, Toulousain, client régulier et représentatif de beaucoup.

1,30 € le litre de gasoil de base, ici, 1, 42 €/l pour l’essence SP95 : de l’autre côté de la frontière, à Foix la fourchette donne le diesel à 1,68 € – au moins cher — et le super à 1,95 € pour le SP98, au plus cher. “À ce prix-là, bientôt il faudra prendre la pelle et la pioche pour trouver du pétrole”, hoche la tête André Paul, 60 ans, Fuxéen montant lui aussi “faire les courses et le plein”.

“Depuis deux mois, on a 20 % de frontaliers ou de Français en plus”

Coup d’œil aux plaques d’immatriculation. 09, 31, 11, 66 : la majorité confirme une clientèle de voisins complétant le plein du coffre en lessive, ravitaillement, apéro et/ou cigarettes par celui du réservoir. Ici et là, se lisent également des 13, 17, 33, 44, 79 ou 83 aux pompes, profitant de l’aubaine avant de rentrer, vacances et ski finis. “En fait, je dirais que depuis deux mois, on a 20 % de frontaliers ou de Français de la région en plus”, estime l’un des pompistes, salué par tous les habitués.

Pourtant ? Les graphiques de Jesus Llanas ne confirment pas. Enfin, pas immédiatement…”Depuis 2007, la fréquentation est stable en Andorre, à 1,4 million de véhicules étrangers par an, chiffre qui est tombé à 999 503 en 2020 et 998 029 en 2021, avec le Covid. Mais en 2022, on devrait retrouver ceux de 2019″, lit-il sur l’écran. Seulement voilà, derrière cette apparente stabilité “les touristes venant de plus loin sont moins nombreux et cela semble donc bien indiquer que le local, lui, vient plus”, analyse-t-il.

Nombreux à faire des stocks

Toulousaine d’origine ariégeoise, Annabelle pousse ainsi jusqu’à Gasopas chaque fois qu’elle vient voir la famille à Tarascon. “1 300 € de salaire mensuel”, justifie-t-elle. Et quitte à venir, d’aucuns se comptent aussi plus nombreux à faire des stocks. À l’arrière de son break, Cédric sort trois bidons de 20 l. “Mon beau-père monte avec six”, relativise-t-il. “Je travaille à Toulouse dans l’aéronautique et je viens d’alterner périodes chômées et périodes travaillées.” Alors “50 € d’économie par semaine”, il prend. “On a une maison à La Llagone, dans les Pyrénées-Orientales, on y va régulièrement, mais c’est vrai que je fais le détour plus souvent, un week-end sur trois, désormais.”

“Vous êtes conscient de ce que vous êtes en train de faire ?”, interrogent régulièrement, pour leur part, les douaniers, au poste de Porta, lorsqu’ils tombent sur des jerricans non conformes. En France, la loi dit que tout particulier “peut utiliser un emballage étanche, sans marquage, dans la limite des seuils légaux”. “Lorsque ces marchandises sont des liquides inflammables transportés dans des récipients rechargeables remplis par, ou pour, un particulier, la quantité totale ne doit pas dépasser 60 l par récipient et 240 l par unité de transport”, détaillent les autorités.

Mais attention côté taxes ! On peut passer “10 litres de carburant de même nature que celui qui permet la locomotion du véhicule”, précise néanmoins un douanier. Au-delà, “il convient de s’affranchir des droits et taxes afférents”. “Mais le vrai problème, c’est que les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont une bombe dans le coffre si le contenant n’est pas conforme… Alors on essaye de les sensibiliser car c’est aussi une question de sécurité publique”, rappelle un douanier.

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/17/au-pas-de-la-case-on-monte-aussi-pour-remplir-ses-jerricans-10117653.php

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