Prise de poids, dépression, risques cardiovasculaires : le premier confinement a laissé des traces selon une étude toulousaine


l’essentiel
Des chercheurs toulousains ont mesuré l’impact, sur une année, du premier confinement grâce à une enquête inédite. Ils montrent que les mesures restrictives prises pour lutter contre le Covid-19 entre le 17 mars et le 11 mai 2020 ont impacté la santé cardiovasculaire et psychologique des Français.

Il y a eu les effets immédiats du premier confinement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, entre mars et mai 2020 : reports d’intervention, d’examens et de consultations qui ont parfois amené du retard dans les prises en charge. Et puis, il y a eu les effets à distance : des changements dans le mode de vie, du stress, qui ont impacté la santé mentale et la santé cardiovasculaire. Pour le mesurer dans la population générale, une équipe toulousaine a interrogé un panel de 534 habitants de la Haute-Garonne à trois moments différents : un mois, six mois et douze mois après le confinement.

534 habitants de Haute-Garonne interrogés

Les équipes d’épidémiologie cardio-vasculaire et de l’Unité de Soutien Méthodologique à la Recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse et de l’Inserm ont interrogé un panel d’habitants de la Haute-Garonne pour cette enquête sur les effets du premier confinement (17 mars 2020 -11 mai 2020).

Ces 534 personnes, âgées entre 50 et 89 ans, sont issues de la cohorte Mona Lisa qu’elles avaient intégrée en 2006 et 2007 pour une étude sur les facteurs de risques cardiovasculaires.

Elles ont accepté de répondre sur leur comportement dans la vie quotidienne, leur état de santé et leur moral lors d’enquêtes téléphoniques réalisées un mois, six mois et douze mois après le premier confinement mis en place le 17 mars 2020. Leurs pathologies et leur consommation de médicaments ont été intégrées.

Une première étude, publiée dans la revue Preventive Medicine Reports en décembre 2020, avait montré qu’au bout de 44 jours, 63 % des sujets présentaient une aggravation du risque cardiovasculaire du fait de la baisse de l’activité physique, d’une prise de poids et de dégradation de leur alimentation. Elle avait également montré, sur les 44 jours suivant le début du confinement, des symptômes d’anxiété et de dépression chez 32 % des sujets.

Activité physique réduite

De nouveaux travaux intègrent les résultats de l’enquête menée en mai 2021, soit un an après la fin du premier confinement. Ils viennent d’être publiés dans la revue scientifique « International Journal of Environmental Research and Public Health ». Ils montrent des conséquences notables et durables, tant sur le plan physiologique que psychologique.
Ainsi la consommation de médicaments (contrôle du diabète, de la pression artérielle, du taux de cholestérol) a augmenté de 12 %. Et elle ne s’est pas toujours accompagnée de mesures d’hygiène de vie : 65 % des participants à l’enquête ont réduit leur activité physique, 27 % ont signalé une prise de poids (en moyenne, une augmentation de 3,5kg) et 61 % ont déclaré avoir une alimentation de moins bonne qualité (davantage d’aliments gras et sucrés et plus d’alcool). L’étude indique aussi une hausse de la consommation de tabac chez 9 % des sujets. « Ces changements peuvent impacter la santé cardiovasculaire. Les contraintes subies au quotidien, le temps supplémentaire passé devant les écrans, ont marqué le mode de vie et ont eu un retentissement définitif sur le poids », souligne le Pr Jean Ferrières, cardiologue au CHU de Toulouse et directeur de l’équipe de recherche ARTERRE à l’Inserm, dernier signataire de l’étude.

Plus de dépression en zone rurale

« Mais les conséquences les plus importantes du confinement concernent la santé mentale », poursuit le chercheur : 35 % des interrogés signalent une anxiété toujours présente et 35 % des symptômes de dépression. « Nos consultations le confirment. Tous les jours, nous voyons des patients qui n’ont plus envie de sortir », complète le Pr Jean Ferrières. Il note aussi que chez les personnes présentant des symptômes de dépression, le dérèglement de l’horloge interne (rythme jour/nuit) est 2,4 fois plus élevé ; que les femmes, très sollicitées entre charge de travail et vie de famille, ont été trois fois plus exposées au risque de dépression ; et que le fait de vivre en milieu rural expose 1,7 fois plus au risque de dépression du fait d’un isolement social. « Les personnes qui ont travaillé durant cette période au contact du public, notamment les caissières, les infirmières, les médecins, ont 3,4 fois plus de risque d’avoir développé une anxiété », ajoute le Pr Jean Ferrières.

Il conclut : « Le confinement a bien permis de limiter les conséquences sanitaires de l’épidémie de Covid-19 mais il faut souhaiter qu’il n’y aura pas d’autre confinement de ce type tant la détresse psychologique est palpable. Nous craignons un retentissement sur la santé cardiovasculaire : si on ne consulte plus, si on ne prend plus ses traitements et si on ajoute un choc émotionnel, le risque, c’est de basculer vers l’infarctus ».

(1) Fédération de cardiologie, service d’épidémiologie USMR du CHU de Toulouse et Inserm UMR 1295

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/11/prise-de-poids-depression-risques-cardiovasculaires-le-premier-confinement-a-laisse-des-traces-selon-une-etude-toulousaine-10104930.php


Commentaires

Commentaires

Choose A Format
Personality quiz
Series of questions that intends to reveal something about the personality
Trivia quiz
Series of questions with right and wrong answers that intends to check knowledge
Poll
Voting to make decisions or determine opinions
Story
Formatted Text with Embeds and Visuals
List
The Classic Internet Listicles
Countdown
The Classic Internet Countdowns
Open List
Submit your own item and vote up for the best submission
Ranked List
Upvote or downvote to decide the best list item
Meme
Upload your own images to make custom memes
Video
Youtube and Vimeo Embeds
Audio
Soundcloud or Mixcloud Embeds
Image
Photo or GIF
Gif
GIF format