Larmes, excuses et regrets au second jour du procès de Ludovic Pradelles, accusé du meurtre de son rival


Second jour de procès pour Ludovic Pradelles, accusé d’avoir mortellement poignardé Mickaël Dufour le soir du 3 août 2019. Les deux hommes, qui se connaissaient vaguement, étaient épris de la même jeune femme, Lucie*. Le premier vivait mal la récente séparation, quand le second profitait d’un amour naissant. L’animosité entre les deux, qui s’étaient à quelques reprises chamaillés dans les rues de Graulhet, a trouvé son paroxysme sur les bords du Dadou, quand une bagarre s’est soldée par un coup de couteau en plein cœur.

Il a longuement été question de la personnalité des deux hommes durant la journée. Mais qui étaient Mickaël Dufour et Ludovic Pradelles?

«Mickaël c’était mon petit dernier, un enfant d’amour. Même à 27 ans, le cordon n’était pas coupé», sanglote la mère de la victime. Sa prise de parole tremblotante devient plus assurée à mesure qu’elle parle de son petit garçon. « C’était un garçon gentil, travailleur… Les filles l’adoraient. À son enterrement, y’en avait à la pelle, je les connaissais pas toutes!» Généreux, attentionné, tourné vers les autres, elle enchaîne les anecdotes colorées qui redonnent vie à son fils. Avant de fondre en larmes en se tournant vers l’accusé. «Je lui en veux! Je vais souffrir toute ma vie. J’ai déménagé pour être à côté de mon fils, tous les jours je vais au cimetière fleurir sa tombe. Tous les jours il a des fleurs.»

«Il a eu une enfance heureuse»

L’accusé encaisse, comme la veille, les yeux rivés au sol. Le père, les sœurs de la victime s’avancent à la barre à tour de rôle. «Il a eu une enfance heureuse. L’école, c’était pas sa tasse de thé. Mais il voulait travailler, alors il s’est inscrit chez les Compagnons. Et la pêche, c’était sa passion. Il pouvait y passer des jours entiers sans bouger», sourit le père de Mickaël. Ses sœurs parlent de leurs enfants qui ont perdu leur «tonton adoré». «Vous avez détruit notre famille Monsieur Pradelles, je voulais que vous l’entendiez. Jamais je ne pourrais accepter vos excuses», lance la gorge serrée la grande sœur du jeune homme décédé.

Un jeune homme solitaire et triste

L’enfance et la vie de l’accusé semblent être aux antipodes de celles de sa victime. Ludovic Pradelles est un «gentil» lui aussi. Tout le monde s’accorde pour le dire. Tant ses proches, sa sœur et sa tante qui sont venues plaider en sa faveur, que les experts psychiatrique et psychologue mandatés par la cour ou l’enquêtrice de personnalité.

Mais sa vie est ponctuée d’épisodes douloureux. Parents alcooliques, une chute dans les escaliers à six ans qui lui sectionnera le canal auditif droit, le privant quelques années plus tard de réaliser son rêve de devenir pompier. Et le décès de sa mère en 2007, alors qu’il a 27 ans, et qui le plonge dans une profonde dépression. Lui aussi avait une relation fusionnelle avec sa mère. «C’était plus le même après le décès de notre maman. Il s’est retrouvé désespéré, dans un profond mal-être», raconte la sœur de Ludovic Pradelles devant la cour. «Il est triste aujourd’hui, il sera triste toute sa vie». Suite à ce décès, le jeune homme tombe dans l’héroïne, pendant plusieurs années. Il est depuis 2012 sous méthadone, un produit de substitution. Il boit beaucoup aussi. «Tendance à la dépression, pessimisme, chagrin, tristesse, désarroi, épuisement», sont les mots employés par la psychologue qui l’a entendu. Solitaire, il n’a que très peu d’amis. Discret, renfermé, il a depuis tout petit appris à se couper des autres.

«Pourquoi vous sortez un couteau?»

Ce soir du 3 août 2019, que s’est-il réellement passé? Ludovic Pradelles a eu l’occasion d’expliquer son terrible geste devant la cour. Alors qu’il somnole sur les berges du Dadou, alcoolisé, il aperçoit Mickaël Dufour et son ex-compagne Lucie. Une bagarre éclate, et Mickaël prend rapidement le dessus. C’est un colosse de près d’1m90 pour plus de 80 kilos. L’accusé est surnommé «la crevette», «le toxico», 1,69m pour 60 kg. «J’ai eu peur, il était sur moi. J’ai sorti le couteau, j’ai porté un coup, mais sur le coup j’ai pas l’impression de l’avoir touché. Ça va vite». «Pourquoi vous sortez un couteau? Mickaël vous a pourtant crié de le lâcher», demande le président de la cour. «Je veux juste me défendre, lui faire peur pour qu’il arrête», tente d’expliquer l’accusé. Et d’ajouter, contrit. «J’ai jamais voulu ça. J’ai jamais souhaité en arriver là», au bord des larmes. Des mots qui seront loin d’apaiser le ressentiment et la colère des proches de Mickaël Dufour, dont les sanglots ont accompagné toute cette journée de procès.

* Le prénom a été modifié

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/15/larmes-excuses-et-regrets-au-second-jour-du-proces-de-ludovic-pradelles-accuse-du-meurtre-de-son-rival-10112997.php


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