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Ariège : un grand-père jugé pour avoir agressé sexuellement sa petite-fille pendant plusieurs années

« Je suis détruite, il a volé une partie de ma vie. » Une ambiance terne se dégage du tribunal correctionnel de Foix, ce mardi. À la barre M.D, un homme âgé, s’avance, il reste stoïque, attend le résumé des faits qui lui sont reprochés. « Vous êtes ici pour agression sexuelle sur votre petite fille mineure de 2009 à 2013. Vous auriez touché ses parties intimes à plusieurs reprises quand elle était en CE2 et cela jusqu’à sa 6e. Une plainte a donc été déposée en 2014. Elle note trois à quatre agressions à chaque fois puis plus au fil de l’enquête », détaille Hervé Barrié, président de l’audience. Il poursuit : « Votre petite-fille a été reçue par un gynécologue, elle ne présente aucune lésion. Cependant, un psychologue a analysé un profond mal-être. »
Concernant le prévenu, les psychologues n’ont pas décelé le moindre processus psychiatrique. « Vous avez été placé sous contrôle judiciaire. Pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé avec votre petite fille ? », interroge le président de l’audience.
Dégarni, lunettes posées sur les yeux, M.D ne varie pas sur sa position, « il n’a rien fait ». « Je suis innocent. Je n’ai pas d’explication à donner. On se trouvait rarement seuls, elle et moi, dans cette maison », martèle-t-il à chaque question posée par les juges.

« Je lui demande d’assumer d’avoir détruit sa petite fille »

C.L, la petite fille du prévenu, est présente dans le tribunal. Elle attend ce moment depuis longtemps. L’occasion de dire ce qu’elle a sur le cœur depuis tant d’années. « Quand je l’entends dire qu’il n’a rien fait, ça me brise le cœur. À cause de lui, j’ai failli mourir à plusieurs reprises. Je lui demande d’assumer d’avoir détruit sa petite fille. »
C.L. a du mal à trouver les mots, l’émotion la rattrape. Elle voulait lire une lettre écrite à la main, elle n’a pas eu le courage. Son grand-père, lui, l’écoute attentivement mais sans la regarder. Hervé Barrié lui demande alors de répondre aux propos de sa petite-fille : « C’est complètement faux, répond-il. Si un grand-père fait de tels actes à sa petite fille c’est très grave. »
Ainsi, la mère de C.L vient lire la lettre de sa fille à sa place. Elle la défend bec et ongles . « Quand je te demandais d’arrêter, tu répondais “encore un peu”, tu exigeais mon silence […] J’ai fait trois tentatives de suicide.»
L’avocat de la partie civile, Me Puig, lunettes rondes et notes en main, affirme : « Pour aller de l’avant, ma cliente a besoin d’une reconnaissance des faits. Pour l’instant, elle n’arrive pas à être dans ce processus. Je demande 8 000 euros de dommages et intérêts. »

Deux ans de prison assortis d’un sursis probatoire requis

Lors des réquisitions, le procureur de la République, Olivier Mouysset souligne «une affaire complexe» : « On ne saurait réduire la parole de l’un contre l’autre.» Cependant, le ministère public note : « Il faut prendre en compte la différence d’âge. Son grand-père lui a volé son innocence. Je rappelle que c’est un homme qui n’a pas de condamnation. Il est donc coupable des faits, je vous demande de le condamner à deux ans de prison assortis entièrement d’un sursis probatoire pendant trois ans. Avec obligation de soin et interdiction d’entrer en contact avec des mineurs mais aussi d’indemniser les victimes. »
Me Parra-Bruguière, avocat de la défense, analyse : « Si ce Monsieur était attiré par les enfants, il s’en serait sans doute pris à d’autres. Or, là, ce n’est pas le cas. Ici, c’est parole contre parole. On ne peut pas vraiment savoir ce qu’il s’est réellement passé », conclut-il.

Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 19 avril prochain.

Source: https://www.ladepeche.fr/2022/02/16/ariege-il-est-juge-pour-agression-sexuelle-sur-sa-petite-fille-pendant-plusieurs-annees-10114665.php

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