Gabriel Attal à Matignon : « Retour vers le futur »

Gabriel Attal à Matignon : "Retour vers le futur"

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À la une de la presse, ce mercredi 10 janvier, les très nombreuses réactions, dans les journaux français et étrangers, à la désignation de Gabriel Attal, pour succéder à Élisabeth Borne à Matignon. Le procès collectif de dizaines d’opposants aux Émirats arabes unis. Et l’engouement pour les calendriers de 1996 outre-Atlantique.

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À la une de la presse, les très nombreuses réactions à la désignation de Gabriel Attal, pour succéder à Élisabeth Borne à Matignon.

L’âge du nouveau capitaine est certainement ce qui est le plus commenté. À 34 ans, Gabriel Attal devient le plus jeune Premier ministre de la Ve République – une « carte jeune », pour relancer le quinquennat d’Emmanuel Macron, d’après Le Parisien/Aujourd’hui en France. Le quotidien fait aussi état de la satisfaction des associations LGBT+ de voir arriver à Matignon le premier chef de gouvernement à avoir évoqué publiquement son homosexualité, « un symbole fort », selon elles.

Les Echos évoquent un « pari » de la part d’Emmanuel Macron, qui peut réussir – à condition que Gabriel Attal « ne renonce surtout pas aux réformes », selon le quotidien économique. « Un pari audacieux » : pour Le Figaro, « tout dans cette décision est culotté : l’âge du premier ministre, la rapidité de son passage à l’Éducation nationale, moins de six mois et la mécanique de l’ambition qui fait déjà de Gabriel Attal l’héritier naturel » d’Emmanuel Macron.

Gabriel Attal, sur les pas d’Emmanuel Macron, c’est précisément ce qui dérange l’opposition. La Croix prévient que « la carrière fulgurante » de Gabriel Aattal « a son revers : une expérience politique encore très incomplète et une connaissance imparfaite des rouages complexes qui font tourner l’État ». Gabriel Attal, Emmanuel Macron, même profil, même combat, voilà  qui ne plaît pas du tout à L’Humanité, pour qui le nouveau Premier ministre n’est qu’un « clone » du président, voué à « assurer la continuité d’une politique de casse sociale ». « Malgré la mise en scène, le faux suspense et l’agitation médiatique, la nomination de Gabriel Attal n’est PAS un événement politique », assène L’Huma. « Macron à Matignon » : dans la même veine, Libération annonce la désignation du « cadet des sosies » politiques d’Emmanuel Macron. Pour Libé, la nomination de Gabriel Attal « acte le fait que rien ne change en macronie », ou plutôt, « confirme le virage à droite du macronisme ». La une de Libé, qui est un clin d’œil à celle que le journal avait consacrée à l’arrivée de Laurent Fabius à Matignon, le 18 juillet 1984. Libération titrait ce jour-là : « Mitterrand à Matignon ».

L’arrivée de Gabriel Attal à Matignon suscite également beaucoup de commentaires dans la presse internationale. Sa nomination fait la une de plusieurs quotidiens étrangers, notamment de l’espagnol El Pais, qui le présente comme « un enfant prodige pour la France ». « Un produit de l’élite de la rive gauche de Paris, bourgeoise et intellectuelle », devenu un ministre dont la précocité et la popularité suscitent « une admiration qui peut (toutefois) facilement se transformer en irritation et en ressentiment ». « L’optimisme de la jeunesse pourrait ne pas suffire » : The Guardian, le quotidien britannique, prévient le nouveau Premier ministre qu’il a « du pain sur la planche » avant les européennes de juin, où les sondages prédisent une poussée de la droite radicale. « Attal a beau avoir la jeunesse pour lui, il lui manque le temps », confirme The Spectator, le magazine britannique, qui résume sa mission en trois mots : « Arrêter Le Pen ». Une mission pour laquelle « la jeunesse de Gabriel Attal, ses punchlines et son bagout » sont jugés comme des « atouts » par le journal belge Le Soir – qui mentionne « une ascension plus fulgurante encore : celle de Jordan Bardella », le président du Rassemblement national, 28 ans au compteur.

La presse étrangère a déjà les yeux fixés sur la présidentielle de 2027. La Repubblica, le journal italien, explique que la désignation de Gabriel Attal est un moyen, pour Emmanuel Macron, de « sauver son héritage politique », dans la mesure où il « ne peut pas se représenter en 2027 et craint de devoir remettre les clés de l’Élysée à sa rivale, Marine Le Pen ».Le Temps suisse annonce le choix d’un Premier ministre… « présidentiable », qui a su se hisser parmi les personnalités préférées des Français en défendant la ligne macroniste à l’Éducation nationale – d’où le dessin de Chappatte sur ce jeune Premier ministre « sortant à peine de l’école ».

Loin des unes des journaux, un mot, également, du procès contre les opposants qui se tient actuellement aux Émirats arabes unis. Le Monde rapporte que le pouvoir émirati poursuit actuellement 84 dissidents, déjà emprisonnés pour la plupart, « pour éviter d’avoir à les libérer alors que leur peine se termine », en vertu d’une loi qui permet de prolonger la détention de prisonniers jugés non repentis. Parmi ces opposants, des sympathisants islamistes, et plusieurs défenseurs des droits humains,  dont Ahmed Mansour, une figure libérale, dont la photo a été brandie par un militant d’Amnesty International lors d’une manifestation pour exiger leur libération, à Dubaï, le mois dernier – au moment-même où les Émirats arabes unis accueillaient une COP28 présentée comme « la plus inclusive jamais organisée ».

On ne se quitte pas là-dessus. À la rubrique « retour vers le futur », toujours, nos camarades de France Info rapportent que les calendriers de 1996 s’arrachent comme des petits pains aux États-Unis, car ces calendriers ressemblent en tout point à ceux de 2024. 1996 est identique à 2024, avec 366 jours et un 8 janvier tombant aussi un lundi. 2024, c’est l’année des Jeux olympiques à Paris – en 1996, c’était à Atlanta. 1996 et 2024, deux années de présidentielle outre-Atlantique. La prochaine fois que les calendriers de 1996 pourront être réutilisés, ce sera… en 2052.

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