Face aux crues, des centaines d’évacuations préventives en Indre-et-Loire et dans la Vienne

Face aux crues, des centaines d'évacuations préventives en Indre-et-Loire et dans la Vienne

Depuis samedi, des centaines d’évacuations ont été ordonnées en Indre-et-Loire et dans la Vienne, en raison des fortes crues des rivières. Un kayakiste était toujours recherché dimanche soir en Haute-Vienne.

Plus de 200 évacuations ont eu lieu en Indre-et-Loire et dans la Vienne, en raison des fortes crues des rivières depuis samedi dans le centre-ouest de la France.

Plusieurs centaines de personnes étaient en cours d’évacuation dimanche 31 mars au soir dans un faubourg de Chinon et dans les villages alentours en prévision de la montée des eaux de la Vienne.

« Alerte extrêmement grave (…) Quittez votre logement après fermeture de l’eau, du gaz et de l’électricité », ont pu lire les habitants de Chinon (Indre-et-Loire) sur leur téléphone portable.

Au même moment, des dizaines de camions de pompiers étaient stationnés sur le quai Danton, au bord de la Vienne en Crue, et sur le pont routier qui relie le centre-ville au faubourg Saint-Jacques, sur la rive opposée, a constaté une journaliste de l’AFP.

Au total, « 750 personnes seraient potentiellement concernées par des évacuations préventives liées à la montée des eaux sur les secteurs de Chinon, Savigny-en-Véron, Beaumont-en-Véron et Saint-Germain-sur-Vienne », avait annoncé la préfecture d’Indre-et-Loire un peu plus tôt dans un communiqué de presse.

Deux centres d’hébergement d’urgence, un gymnase et un centre de loisirs, « vont être armés par les associations de sécurité civile », a-t-elle précisé, alors que 150 gendarmes et sapeurs-pompiers sont toujours engagés spécifiquement sur la crise.

Les pics de la crue pourraient intervenir lundi entre 3 h et 5 h du matin, à Chinon, avec une hauteur prévisible de 5,30 m à 5,62 m, susceptible de dépasser la crue de mars 2007 (5,39 m).

À lire aussiPolder, wateringues… Face aux inondations, le Pas-de-Calais réfléchit à adapter sa gestion de l’eau

 

Un kayakiste recherché

Dimanche soir, à 22 h, la Vienne est montée jusqu’à 5,24 m, touchant presque les arcades du pont, emportant plusieurs troncs d’arbres à son passage, a constaté une journaliste de l’AFP.

Jusqu’à dimanche soir, les évacuations n’avaient concerné que 154 personnes dans le département, dont 73 résidents d’un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) sur la commune de l’Île Bouchard, en bord de Vienne.

L’Indre-et-Loire reste classée en vigilance rouge pour la journée de lundi, alors que la Vienne a été reclassée dans la soirée de dimanche en vigilance orange par Météo-France.

En Haute-Vienne, un kayakiste était toujours recherché après une alerte donnée samedi vers 16 h par plusieurs témoins qui avaient aperçu l’homme « en difficulté » depuis la commune d’Aixe-sur-Vienne à 10 kilomètres à l’ouest de Limoges.

Comme la veille, les recherches menées dimanche « jusqu’à la frontière avec la Charente » par la gendarmerie, avec un hélicoptère en appui, n’ont rien donné, a indiqué la préfecture. Elles reprendront lundi matin, dans une zone désormais en décrue et sans vigilance particulière.

« L’équivalent de deux mois de pluie en deux jours »

Dans ces trois départements, la Haute-Vienne, la Vienne et l’Indre-et-Loire, le gouvernement a lancé « la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle », a annoncé dimanche soir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur X.

« Suite aux fortes intempéries des deux derniers jours, la Creuse, la Gartempe et la Vienne ont atteint des pics de hauteur exceptionnels liés à une pluviométrie de 100mm en deux jours, l’équivalent de deux mois de pluie », a précisé la préfecture de la Vienne dans un communiqué.

À Nouâtre (Indre-et-Loire), une commune de 900 habitants, l’eau est montée de plus de six mètres en 36 heures, dépassant le niveau atteint le 8 janvier 1982.

Des sapeurs-pompiers évacuent des habitants après des crues à Nouâtre, en Indre-et-Loire, dimanche 31 mars 2024. © Pascal Lachenaud, AFP

« Ce matin, on a pris un bateau gonflable et on a mis maman dedans pour l’évacuer », a raconté Christine Rabusseau, 64 ans, venue passer la nuit avec sa mère de 87 ans.

Plus au nord, sur la rivière Creuse, l’eau est même montée jusqu’à 7,34 m à Descartes (Indre-et-Loire), au-dessus de la crue du 4 mars 1923.

« Je n’ai jamais vu ça. Pour moi c’est la crue du siècle », s’étonne Jean-Louis Olivier devant l’hippodrome de la Roche-Posay (Vienne) intégralement englouti par la Creuse. « L’hippodrome a déjà été inondé en bordure mais là c’est devenu un lac », ajoute ce directeur de la société des courses hippiques locales.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la Creuse a atteint 6,78 m dans cette bourgade de 1 500 habitants, dépassant la crue historique de 1982. 

Dans la Vienne, où cinquante foyers ont été évacués, les « nouvelles précipitations » prévues par Météo France « n’auront, a priori, pas d’impact, sur la décrue » amorcée depuis la mi-journée, a annoncé la préfecture en fin d’après-midi.

Au total dans toute la zone Centre-Ouest, plus de 450 sapeurs-pompiers ont été mobilisés et une trentaine de routes se sont trouvées inondées, selon une source policière.

Le réseau d’eau potable a été coupé dans trois communes du sud de la Vienne après les crues de la veille. Un arrêté de restriction d’usage de l’eau a également été pris pour trois communes d’Indre-et-Loire.

Avec AFP

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *