En 2023, la France a réduit de 4,8 % ses émissions de gaz à effet de serre

En 2023, la France a réduit de 4,8 % ses émissions de gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre ont poursuivi leur recul en France et enregistrent une baisse de 4,8 % en 2023 par rapport à 2022. Une bonne nouvelle même si cela reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés par l’Union européenne.

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« C’est une année record », s’est félicité Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, sur le plateau de TF1, mercredi 20 mars. Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 4,8 % en 2023 par rapport à 2022, selon des chiffres provisoires publiés jeudi, par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), l’organisme mandaté pour réaliser l’inventaire de la pollution carbone en France. Soit « quasiment de la totalité de la baisse » enregistrée « en France entre 2012 et 2017 », a insisté le ministre. 

Selon le texte, les activités sur le territoire – sans compter l’empreinte carbone des importations – ont généré 385 millions de tonnes CO2 équivalent (MtCO2eq) en 2023, moins qu’en 2020 lors de la pandémie de Covid-19. Au total, sur la période 2019-2023, les émissions s’élèvent ainsi à 405 millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2eq).

À titre de comparaison, l’Allemagne a émis 673 MtCO2eq en 2023, soit 9,8 % de moins qu’en 2022, selon le bilan du groupe d’experts Agora Energiewende.

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Une baisse dans tous les secteurs

Autre bonne nouvelle à saluer : pour la première fois, la baisse des émissions de gaz à effet de serre concerne tous les secteurs d’activité. Elle est principalement alimentée par le secteur de l’énergie (-14 %) avec « l’augmentation de la production d’électricité décarbonée », avant tout grâce au « retour d’une forte production nucléaire », puis avec la hausse des productions hydroélectriques, éoliennes et solaires, note le Citepa. Cela peut cependant s’expliquer par la situation inédite en 2022 qui avait vu une grande partie des réacteurs nucléaires arrêtés pour des problèmes de maintenance.

Les émissions ont également reculé de 8 % dans le domaine de l’industrie. Les effets principalement  « de baisses des productions », selon le Citepa.

Constat positif, aussi, dans les secteurs du bâtiment et pour les ménages. Outre les comportements de sobriété des ménages et des entreprises et les chantiers de rénovations énergétiques dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, le Citepa explique aussi cette bonne performance par des mois de janvier et décembre particulièrement doux qui ont entraîné une baisse du recours au chauffage.

Le point d’inquiétude reste les transports, premier secteur émetteur avec 128 MtCO2eq. Si sur les routes, les émissions sont en baisse d’environ 3 %, notamment grâce à la hausse des prix du carburant et le recul du diesel, côté aérien les émissions ont explosé sur un an. Les vols domestiques (+21 %)  dépassent le niveau pré-Covid, tout comme les vols internationaux (+27 %).

Les données concernant les émissions des secteurs de l’agriculture et des déchets ne seront, quant à elles, disponibles qu’en juin. Avec ces résultats, la France fait donc mieux que l’objectif qu’elle s’était fixé dans sa stratégie nationale bas carbone, sa feuille de route climatique pour la période 2019-2023 où elle espérait atteindre 422 MtCO2e par année. Le gouvernement avait cependant relevé ce seuil après avoir échoué à respecter ses objectifs pour la période précédente, 2015-2018.

De réels progrès ? 

Ces chiffres concernent par ailleurs les émissions brutes de la France et non ses émissions nettes – c’est-à-dire, celles qui prennent en compte l’absorption des puits de carbone comme les forêts ou les tourbières. Or, ce captage naturel est nettement inférieur aux prévisions de la stratégie nationale bas carbone.

En juin, le Haut Conseil pour le climat avait estimé que la baisse des émissions françaises était encore « insuffisante » au regard de ses objectifs et des retards accumulés. 

Si, pour Christophe Béchu, ces résultats sont « la preuve », « structurellement », que « la planification écologique et les mesures engagées commencent à produire des effets », les ONG de défense de l’environnement, elles, mettent surtout en avant des résultats liés à la conjoncture actuelle. « Cette baisse des émissions est majoritairement due à des effets conjoncturels, malheureusement subis, principalement liés aux hausses des prix de l’énergie, et donc à une sobriété non choisie », regrette ainsi Cyrielle Denhartigh, la coordinatrice des programmes de Réseau Action Climat (Rac).

Alors que l’annonce de la nouvelle stratégie bas carbone du gouvernement prévue mi-mars a été repoussée pour relancer une « grande consultation » publique sur cette feuille de route, le Rac réclame des « politiques publiques structurantes » pour rendre « pérennes » ces baisses : « lever les verrous au développement des énergies renouvelables », « encourager le développement des petits véhicules électriques » et « réformer la fiscalité du secteur aérien ».

Car quoi qu’il en soit, la France devra continuer sur cette trajectoire dans les prochaines années pour s’aligner sur l’objectif européen de -55 % d’émissions d’ici 2030 par rapport à 1990. Elle en est aujourd’hui à -29 %. « Ce n’est pas du tout le moment de baisser la garde », a concédé Christophe Béchu sur TF1.

Avec AFP

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