Des lycées d’Île-de-France ont reçu des menaces d’attentat et une vidéo de décapitation

Des lycées d'Île-de-France ont reçu des menaces d'attentat et une vidéo de décapitation

« Une cinquantaine » de lycées de la région Île-de-France ont reçu, depuis mercredi, des messages de menaces d’attentat terroriste, accompagnés d’une vidéo de décapitation via les Espaces numériques de travail (ENT) piratés. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. 

Publié le : Modifié le :

4 mn

Après une vague d’alertes à la bombe dans plusieurs établissements à l’automne, des messages de menaces d’attentat terroriste, accompagnés d’une vidéo de décapitation, ont été envoyés depuis mercredi 20 mars à des lycées de la région parisienne via les Espaces numériques de travail (ENT) piratés.

« Une cinquantaine » d’établissements sont concernés à ce stade, a indiqué à l’AFP la région Île-de-France.

Ceux-ci, « essentiellement des lycées » ont reçu des « menaces » avec « apologie et provocation au terrorisme » depuis mercredi, soit « plusieurs infractions graves », a souligné le ministère de l’Éducation.

Le ministère « condamne ces menaces graves », qui sont « passées par l’ENT, boîte mail interne de l’école ou encore le site Pronote ». Il « s’assure, par ailleurs, qu’il n’y a pas de compromission des réseaux du fait de l’envoi de ces messages ».

L’ENT est un espace numérique qui sert de lien entre enseignants, élèves et parents. Pronote est un logiciel utilisé par des établissements scolaires pour communiquer notamment les notes des élèves.

À lire aussiMultiplication des fausses alertes à la bombe en France : comment sont-elles gérées ?

Accompagnement psychologique

« Des services d’enquête spécialisés sont mobilisés pour identifier le ou les auteurs », a ajouté le ministère, qui « propose un accompagnement psychologique à tous les enfants ou adultes qui ont visionné malgré eux les vidéos choquantes ». 

« Les services de police, immédiatement avisés, font le nécessaire pour s’assurer de la sécurité des élèves », a-t-il assuré.

Des établissements de l’académie de Créteil (qui regroupe Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), de Paris et une vingtaine dans l’académie de Versailles (Val-d’Oise, Yvelines, Essonne et Hauts-de-Seine) ont reçu ces menaces, ont indiqué les rectorats concernés.

Selon une source policière, un message annonçant un attentat à l’explosif a été envoyé à au moins cinq lycées dans les Yvelines, mercredi soir et dans la nuit de mercredi à jeudi. « Le ou les auteurs pirataient une adresse mail d’un élève afin de diffuser le message et une vidéo de décapitation sur toutes les boîtes ».

Vidéo montrant des « individus se faire décapiter »

Dans le Val-d’Oise, tous les élèves et le personnel du lycée Jean-Monnet de Franconville, par exemple, ont reçu un message « menaçant l’établissement d’une attaque terroriste pour le jeudi 21 mars 2024 », a indiqué une source policière. Ce mail était « accompagné de liens donnant accès à une vidéo montrant des individus se faire décapiter ».

En Seine-et-Marne, au lycée Jean-Moulin de Torcy, un message a été « envoyé sur les réseaux sociaux indiquant que du C4 (une variété d’explosifs, NDLR) était dissimulé dans l’ensemble de l’établissement au nom d’Allah », selon une autre source policière.

La région Île-de-France a annoncé avoir « déposé plainte » jeudi matin « au cyber-parquet de Paris suite à la création d’un site frauduleux visant à hacker l’ENT régional ». 

Suite à ce piratage, « des mails frauduleux ont été envoyés à des lycéens d’Île-de-France avec des menaces d’attentat islamiste », a-t-elle ajouté.

La présidente de la région, Valérie Pécresse, dénonce « des faits d’une extrême gravité, qui appellent des sanctions exemplaires ». L’ENT d’Île-de-France a été suspendu.

Ouverture d’une enquête

Le parquet de Paris a confirmé à l’AFP que sa section de lutte contre la cybercriminalité avait été « avisée pour le moment de deux plaintes concernant des cyberattaques au préjudice d’ENT parisiens ». 

« Une enquête a été ouverte des chefs d’accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, et introduction frauduleuse de données », a-t-il ajouté. Il a dit « procéder au rapprochement avec des faits similaires dont sont saisis d’autres parquets ».

Ces menaces interviennent après une vague de fausses alertes à la bombe qui avaient touché nombre d’établissements scolaires à l’automne (800 alertes selon les chiffres du gouvernement mi-novembre).

À lire aussi« On ne veut pas d’un bunker » : après l’attentat d’Arras, la sécurité à l’école en question

Elles s’étaient multipliées après l’attaque jihadiste qui a coûté la vie à l’enseignant Dominique Bernard, à Arras, le 13 octobre. 

Une réunion interministérielle sur la sécurité des établissements scolaires se déroule jeudi après-midi sous la houlette du Premier ministre Gabriel Attal, en présence de la ministre de l’Éducation nationale, Nicole Belloubet, et du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti.

Avec AFP

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *