Décès de Patrick Buisson, figure de la droite conservatrice et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy

Décès de Patrick Buisson, figure de la droite conservatrice et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy

L’ancien historien, essayiste et conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson est mort mardi à l’âge de 74 ans aux Sables-d’Olonne, en Vendée. Marine Le Pen a salué « un homme de grande culture ». Éric Ciotti, lui, a évoqué un homme qui a « vu, avant beaucoup, les grands dangers qui menacent notre pays ».

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Patrick Buisson, conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy, soutien d’Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle et chantre de l’union des droites, est décédé mardi 26 décembre. Il avait 74 ans.

La police est intervenue à son domicile des Sables-d’Olonne (Vendée), a-t-elle indiqué à l’AFP, sans plus de précisions.

« Patrick Buisson était un homme d’une grande culture, un écrivain de talent et un amoureux fou de la France. Son esprit parfois provocateur et sa plume acérée manqueront au débat politique », a réagi Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, sur X.


« Il vit, avant beaucoup, les grands dangers qui menacent notre pays », a commenté de son côté le patron des Républicains, Éric Ciotti.


« L’hémisphère droit de Sarkozy »

L’historien et essayiste a notamment été le conseiller de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était à l’Élysée, de 2007 à 2012. Et beaucoup de partisans de l’ex-président ont accusé ce promoteur du rapprochement entre la droite et les thèses du Front national d’avoir une responsabilité majeure dans la défaite de 2012.

« Il a contribué à décomplexer une grande partie de l’électorat » de droite, reconnaissait à l’époque Marine Le Pen.

Sept ans plus tard, le politologue a tenté de travailler à une « union nationale » avec le polémiste Éric Zemmour, qui s’est lancé par la suite dans la course à l’Élysée. Il disait être à la recherche d’un candidat « qui ne serait pas issu du Rassemblement national, mais passerait un accord de gouvernement avec le RN ».

Docteur en Histoire – sa thèse portait sur les relations France-Algérie – Patrick Buisson a été « l’hémisphère droit de Sarkozy », comme l’avait titré Le Monde.

Discours sur l’identité nationale, sécurité, immigration, suspension de Schengen, référendum pour réformer l’assurance-chômage : autant de trouvailles martelées dans les meetings sarkozystes, attribuées à cette éminence grise.

Dans les adresses du candidat Sarkozy « aux petits, aux sans-grade », beaucoup voyaient aussi une partition signée de cet expert, friand d’enquêtes d’opinion.

Un de ses objectifs était de reconquérir les classes moyennes paupérisées, qui se sont tournées vers le RN.

Ce regroupement voulu des droites, Patrick Buisson l’a illustré par son propre parcours : de l’Action française et de l’hebdomadaire Minute qu’il a dirigé, à l’UMP, en passant par le souverainiste Philippe de Villiers.

« Un homme d’intuition »

Le conseiller a-t-il été « le poison de la droite » comme l’affirmait le socialiste Julien Dray ? Lui regrettait de ne pas être allé jusqu’au bout : « Sarkozy, je ne l’ai pas fini », confiait-il en 2013 à un journaliste.

La justice a mis fin à cette ambition. Patrick Buisson a été condamné en 2014 pour avoir enregistré à l’Élysée des discussions avec Nicolas Sarkozy ou avec son épouse Carla Bruni, sans leur accord.

L’année suivante, il a été mis en examen dans l’affaire des sondages de l’Élysée – 130 factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages, payées par la présidence de la République sans appels d’offres préalables. Il a été condamné en janvier 2022 à deux ans de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics.

Grand, marchant légèrement voûté, physique austère, Patrick Buisson était « un homme d’intuition », selon un de ses anciens clients sondeurs, qui a salué sa capacité à être « intéressé par les choses iconoclastes ».

En 2005, il surprend et séduit Nicolas Sarkozy en prophétisant un non massif au référendum constitutionnel européen, quand presque tous prévoyaient la victoire du oui.

À l’Élysée, après la victoire de 2007, l’essayiste était un visiteur régulier du président, mais sans bureau ni fonction dans l’organigramme. Ce dernier lui a remis la Légion d’honneur, une cérémonie à laquelle avait assisté Jean-Luc Mélenchon. 

Tous alors sollicitaient ses conseils, son éclairage, se rengorgeait-il en privé, dans son bureau de la chaîne Histoire qu’il dirigeait, envahi par les livres. 

Dans une très surprenante tribune au Point de 2013, son propre fils, Georges Buisson, traçait un portrait en demi-teinte de son père, « passé maître dans l’art de déceler les ressorts cachés de l’opinion ». Le texte s’achevait par une formule énigmatique : « le Semeur lançait aussi ses graines dans les buissons d’épines »

Avec AFP

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