Crimes contre l’humanité : l’ex-rebelle libérien Kunti Kamara condamné en appel à 30 ans de prison

Crimes contre l'humanité : l'ex-rebelle libérien Kunti Kamara condamné en appel à 30 ans de prison

Kunti Kamara, ancien commandant rebelle soupçonné d’actes de barbarie, de viols et d’exécutions sommaires lors de la première guerre civile au Libéria a été condamné en appel à trente ans de réclusion criminelle, mercredi. En 2022, il avait été condamné à la prison à vie en première instance lors d’un procès inédit qui s’était tenu au titre de la « compétence universelle » exercée par la France, sous certaines conditions, pour juger les crimes les plus graves commis hors de son sol.

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La cour d’assises de Paris a condamné, mercredi 27 mars, à trente ans de réclusion criminelle l’ex-commandant rebelle Kunti Kamara, jugé en appel pour actes de barbarie et complicité de crimes contre l’humanité lors de la première guerre civile au Liberia (1989-1997).

Après trois semaines de débats, l’accusé de 49 ans a été reconnu coupable d’une série « d’actes de torture et de barbarie inhumains » contre des civils en 1993-1994, dont le supplice infligé à un enseignant dont il aurait mangé le cœur, la mise à mort d’une femme qualifiée de « sorcière » et des marches forcées imposées à la population.

Selon la décision rendue après plus de huit heures de délibéré, cet ancien commandant du Mouvement uni de libération pour la démocratie (Ulimo) a également été reconnu coupable d’avoir facilité des crimes contre l’humanité par son indifférence devant les viols répétés commis sur deux adolescentes devenues esclaves sexuelles pour des soldats sous son autorité en 1994.

La cour n’a pas suivi les réquisitions du ministère public, qui avait réclamé lundi la réclusion à perpétuité pour des faits d’une « gravité exceptionnelle dont Kunti Kamara est responsable ». L’avocat général avait souligné que l’accusé exerçait un « pouvoir de commandement » et qu’il n’avait fait preuve d' »aucun repentir ».

Kunti Kamara, qui avait obtenu l’asile politique aux Pays-Bas après avoir menti sur son passé, avait été arrêté en septembre 2018 à Bobigny après la plainte de l’ONG Civitas Maxima, qui lutte contre l’impunité. Son nom avait surgi au milieu des années 2010 dans le cadre d’une procédure engagée en Suisse contre un autre cadre de l’Ulimo, Alieu Kosiah, qui a été condamné à Genève en 2021 à vingt ans de prison dans le tout premier procès des crimes de guerre libériens.

Il avait été condamné à la prison à vie en première instance fin 2022 lors d’un procès inédit qui s’était tenu au titre de la « compétence universelle » exercée par la France, sous certaines conditions, pour juger les crimes les plus graves commis hors de son sol.

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Les crimes de ce sanglant conflit, qui ont fait au total 250 000 morts, n’ont jamais été jugés au Liberia où d’anciens chefs rebelles occupent aujourd’hui de hautes fonctions dans l’appareil d’État.

Avec AFP

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