Côte d’Ivoire – Nigeria : les Éléphants confiants, les Nigérians s’en remettent à Dieu et Osimhen

Côte d'Ivoire - Nigeria : les Éléphants confiants, les Nigérians s'en remettent à Dieu et Osimhen

De notre envoyé spécial à Abidjan – En conférence de presse d’avant-match, la Côte d’Ivoire et le Nigeria ont laissé une impression bien différente avant leur rencontre en Coupe d’Afrique des nations (CAN). Si le pays hôte, représenté par le sélectionneur Jean-Louis Gasset et le capitaine Max-Alain Gradel sont apparus sûrs de leur force, les Super Eagles, et notamment leur sélectionneur José Pereiro, ont semblé moins convaincants, voire confus.

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Un match de football ne se gagne pas en conférence de presse. Heureusement pour le Nigeria, sinon il aurait sûrement déjà perdu son duel décisif avec la Côte d’Ivoire dans le groupe A, avant même de poser le pied sur la pelouse du stade d’Ébimpé, jeudi 18 janvier.

Les deux équipes sont dans l’obligation de gagner jeudi, mais pour des raisons différentes. Les Éléphants, en tant qu’équipe hôte, portent les espoirs de tout un peuple, qui rêve de les voir soulever le trophée de la Coupe d’Afrique le 11 février prochain. Malgré leur confortable victoire face à la Guinée-Bissau lors du match d’ouverture, la défaite leur paraît toujours interdite. En face, le Nigeria, qui a raté son entrée en lice face à la Guinée équatoriale (1-1), pourrait se retrouver en difficulté en cas de nouvelle contre-performance.

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Dans l’amphithéâtre orange, blanc et vert du centre de presse du Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan, les deux délégations ont laissé des impressions radicalement opposées aux journalistes présents. D’un côté, le sélectionneur Jean-Louis Gasset et le capitaine ivoirien Max-Alain Gradel sont apparus souriants et confiants. De l’autre, José Peseiro et William Ekong ont semblé sur la défensive tout du long. Paradoxal, quand on connait l’empilement de talents offensifs des Super Eagles dans cette CAN 2024.

La Côte d’Ivoire en maîtrise

Une ligne d’attaque adverse que Jean-Louis Gasset a d’ailleurs louée : « Sur le papier, c’est l’équipe avec le plus d’individualités offensives. Victor Osimhen est un vrai ‘Monsieur’ mais nous avons notre collectif et nous allons leur imposer un match intense », a-t-il prévenu.

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« Nous respectons le Nigeria mais nous sommes la Côte d’Ivoire. On n’a peur de personne ! Nous sommes confiants », a complété l’expérimenté capitaine de 36 ans Max-Alain Gradel.


Les deux hommes, en vieux routards du football, ont enchaîné les mots apaisants, répondant calmement aux critiques avec diplomatie, dans un exercice de style à mi-chemin entre le dribble verbal et la langue de bois.

L’ambiance dans le stade pour le match d’ouverture ? « Il y a des efforts à faire à ce niveau-là. Il faut être patient avec les supporters, c’est aussi notre culture », relativise Max-Alain Gradel. « Ils ont leur rôle à jouer. Si on fait ce qu’il faut sur le terrain, on les emmènera avec nous. […] C’est un moment spécial de jouer la CAN à la maison, c’est vraiment spécial de voir le soutien quand le bus traverse la ville. J’espère qu’on va rendre tout le monde fier. »

Des critiques sur la pelouse ? Jean-Louis Grasset apaise : « Le terrain était un peu sec quand on a débuté la rencontre, sans doute à cause de la cérémonie d’ouverture. Il fallait enlever les ustensiles. Demain, il sera en bon état et arrosé. »

José Peseiro pressé que ça se termine ?

En comparaison, la prestation des deux représentants du Nigeria est apparue beaucoup plus confuse, peu aidés il est vrai par les multiples problèmes de sonorisation, récurrents depuis le début de la compétition. Le capitaine William Ekong était même à deux doigts de proposer son aide pour faire fonctionner les micros.

Le coach des Super Eagles, lui, a paru rapidement excédé par les questions, répondant par un désarmant « Vous avez vu le premier match ? Qu’est-ce que vous feriez, vous ? Aidez-moi », à un journaliste qui lui demandait ce qu’il comptait changer par rapport au match nul face à la Guinée équatoriale.

Pas d’explications pour Umar Sadiq

La faiblesse en anglais de José Peseiro rend sans doute ses propos beaucoup moins nuancés que s’il s’exprimait dans sa langue natale, mais la conférence de presse a été remplie de moments lunaires, à l’image de sa réponse sur « l’affaire Umar Sadiq ». L’attaquant nigérian, annoncé indisponible pour la CAN, est rentré en Espagne et s’entraîne bien avec la Real Sociedad, avec qui il est même convoqué pour jouer ce week-end.

« Je ne sais pas non plus », avoue José Peseiro. « Le rapport médical disait 15 jours d’indisponibilité. Le club voulait qu’il rentre se soigner. Le joueur voulait rester, mais finalement on a décidé de le remplacer. Je suis juste content qu’il récupère vite… »

« On ne peut pas contenter tout le monde »

José Peseiro a peut-être juste hâte que cette CAN 2024 se termine, car il sait ses jours comptés avec le Nigeria. Pour rappel, la fédération a affirmé juste avant la compétition : « Si nous avions l’argent (pour payer ses indemnités), nous serions prêts à le démettre de ses fonctions, nous ne sommes pas contents. » Ambiance…

En attendant, le Portugais veut mourir avec ses idées. Aux lacunes défensives évidentes de son équipe, il répond que la meilleure attaque, c’est la défense et refuse tout changement tactique : « Ce n’est pas facile de jouer avec le maillot du Nigeria. Peut-être que les joueurs avaient la pression. Il faut les appeler au calme. Lors des matches précédents, nous avons créé beaucoup d’occasions. Nous ne devons pas changer, nous devons rester sur notre dynamique  » a-t-il déclaré.

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Et de conclure : « On ne peut pas contenter tout le monde. On ne veut pas changer d’ADN. J’ai foi dans mon processus, mes qualités. Nous méritions plus. Nous devons suivre notre style. Dieu donne, Dieu prend et Dieu nous donnera peut-être le prochain match. »

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