CAN 2024 : Sébastien Haller, le buteur symbole de cette Côte d’Ivoire « qui revient de loin »

CAN 2024 : Sébastien Haller, le buteur symbole de cette Côte d'Ivoire "qui revient de loin"

Blessé au début de la CAN 2024, le buteur de la Côte d’Ivoire, Sébastien Haller, est monté en puissance tout au long du tournoi et devrait peser sur la finale dimanche face au Nigeria. À l’image des Éléphants, son parcours est celui d’une renaissance, après deux années marquées par la maladie et les blessures.

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Le direct :Nigeria – Côte d’Ivoire : suivez la finale de la CAN 2024

Et s’il était la pièce qui manquait à la Côte d’Ivoire depuis le début ? Titularisé pour la première fois mercredi 7 février en demi-finale de la CAN 2024 face à la RD Congo, l’avant-centre Sébastien Haller a inscrit le but de la victoire. Il a surtout pesé en permanence sur la défense congolaise alors que les Éléphants donnaient enfin l’impression de maîtriser le match, après cinq premières rencontres davantage marquées par la folie et l’envie.

En célébrant cette volée presque chanceuse envoyée au fond des filets de Mpasi, le buteur enfin retrouvé de la Côte d’Ivoire a-t-il pensé au chemin parcouru et aux épreuves surmontées ces deux dernières années, après un cancer des testicules et une vilaine blessure à la cheville juste avant la CAN ?

Pas immédiatement, selon l’intéressé : « Je me suis dit ‘ouf’ surtout. Enfin on concrétise ! Surtout que j’avais raté une occasion en première mi-temps… Je me suis dit que c’était une petite délivrance. J’ai pensé à la joie que je procurais au staff, aux supporters ». « Après, je me suis dit que je n’avais pas fait tout ça pour rien », explique Sébastien Haller.

L’attaquant de Dortmund promet de faire son possible pour offrir la victoire en finale contre le Nigeria sans trop secouer d’émotions fortes les fans des Éléphants. « J’ai passé le début de la compétition en tribunes. Je sais à quel point c’est frustrant. Je vais tout faire pour éviter ça », promet-il.

Sébastien Haller envoie la Côte d'Ivoire en finale de la CAN
Sébastien Haller envoie la Côte d’Ivoire en finale de la CAN © France 24

« Haller est comme la Côte d’Ivoire. Il revient de loin », explique Emanuel Eboué, ancien international, finaliste en 2006 avec les Éléphants. « Il n’était pas à 100 % mais il s’est battu sur le front de l’attaque, contre des défenseurs congolais très solides. La Côte d’Ivoire est fière de le voir enfin sourire. »

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D’Auxerre à Dortmund en passant par l’Ajax

Fils d’une mère ivoirienne et d’un père français, Sébastien Haller est né à Ris-Orangis, en région parisienne. Il commence le football à l’âge de 9 ans et apparaît très vite sur les radars de l’AJ Auxerre, qu’il rejoint à l’âge de 13 ans.

Dans le prestigieux club formateur, l’attaquant impressionne et il est vite surclassé. Il empile rapidement les buts chez les U15, concluant même une saison avec 50 buts en 19 matches. À 16 ans, il évolue déjà avec la réserve du club en CFA. Il est lancé chez les pros en novembre 2013, où il a la lourde tâche de porter le poids de l’attaque auxerroise, malgré son jeune âge.

La progression linéaire s’arrête là. Si ses qualités de finisseur et son jeu aérien font l’unanimité, on lui reproche une certaine nonchalance. En manque de temps de jeu, il est prêté aux Pays-Bas, à Utrecht, avec option d’achat. Sa carrière y décolle et il enchaîne les signatures record : Eintracht Francfort, West Ham puis l’Ajax Amsterdam où il se révèle au monde, notamment en Ligue des champions. Il inscrit 10 buts sur la seule phase de groupes pour sa découverte de la compétition.

Cancer et doutes

Après cette saison pleine de promesses à l’Ajax Amsterdam, Sébastien Haller est transféré au Borussia Dortmund. Une arrivée en grande pompe mais le diagnostic d’un cancer des testicules l’oblige à se retirer des terrains en juillet 2022 pour se soigner. Sa carrière est mise entre parenthèses pendant plusieurs mois.

S’il a retrouvé les terrains six mois plus tard, il n’a jamais récupéré son rendement passé et ronge désormais son frein à Dortmund depuis le début de la saison. Tout le contraire de la sélection, qui lui offre une bouffée d’air : en six apparitions depuis son cancer, il a marqué quatre buts. En toute logique, il attendait la CAN avec impatience. Cependant, une très vilaine blessure survenue en décembre à Mayence a compromis sa participation à la Coupe d’Afrique.

« Je voulais apporter ma pierre à l’édifice »

« Le coach Jean-Louis Gasset s’est longtemps posé la question de le prendre, tout comme pour Simon Adingra [également blessé au début de la compétition, NLDR]. Finalement, ils allaient nous apporter beaucoup », explique Emerse Faé, le successeur du Français aux commandes des Éléphants. « Ce sont deux armes de destruction massive. »

Sébastien Haller ne s’en cache pas, il a longtemps douté : « J’avais prévu d’arriver en Côte d’Ivoire dès les vacances avant la CAN pour me préparer au mieux. Venir avec une attelle, ce n’était pas facile. J’ai douté », avoue-t-il. « Mais j’ai une famille, des amis et un pays qui me soutiennent. On m’a fait réaliser que j’étais important. Ça m’a aidé pour supporter les heures de soin depuis le 21 décembre. Je voulais apporter ma pierre à l’édifice. »

Au vu de son parcours personnel, quand il parle de résilience après avoir vu la mort de près, le message est encore plus fort que lorsqu’il s’agit de ses partenaires : « On revient de très loin. Tout le monde a vécu des moments assez compliqués après la Guinée équatoriale. On n’a pas grand-chose à perdre. On a eu la chance d’en avoir une seconde. À nous de ne pas la gaspiller », enjoint-il.

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