CAN 2024 : Maroc, Côte d’Ivoire… gros plan sur les favoris et les outsiders de la compétition

CAN 2024 : Maroc, Côte d'Ivoire... gros plan sur les favoris et les outsiders de la compétition

Avant que le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2024 ne soit donné samedi 13 janvier en Côte d’Ivoire, qui sont les favoris pour soulever le trophée de la 34e édition ? Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Algérie… Passage en revue des forces en présence.

Vingt-quatre nations en lice pour succéder au Sénégal et une seule couronne de roi d’Afrique. Alors que la CAN 2024 débute samedi 13 janvier à Abidjan, en Côte d’Ivoire, France 24 analyse les forces en présence dans la compétition qui s’annonce plus disputée que jamais.

Voici les favoris, les outsiders et les équipes à surveiller pour la 34e édition de la Coupe d’Afrique.

• Les favoris

Le Maroc : la fin de la malédiction ?

C’est l’ultra favori de la compétition. Son équipe a réussi ce dont toute l’Afrique a rêvé : se qualifier pour le dernier carré d’une Coupe du monde. Une performance spectaculaire que le sélectionneur Walid Regragui entend désormais confirmer sur la scène continentale : « Nous voulons nous maintenir au même niveau. Je veux arriver au minimum en demi-finale », a déclaré le coach, annonçant qu’il démissionnera si il n’y parvient pas. « On doit y aller en toute confiance pour dépasser la malédiction de la Coupe d’Afrique. »

Mais la « malédiction » pourrait jouer des tours aux Lions de l’Atlas. En effet, si le Maroc est l’un des plus assidus représentants de l’Afrique en Coupe du monde, le royaume n’a remporté qu’une seule CAN en 18 participations. C’était en 1976. Depuis, le Royaume enchaîne les déconvenues avec notamment une finale perdue en 2004 en Tunisie. Pire, les Marocains n’ont remporté qu’un match à élimination directe lors de la dernière décennie. C’était en 2022, et l’aventure s’était finalement arrêtée en quarts contre l’Égypte avec une bagarre entre joueurs et staff.

Pourtant, l’heure est à l’optimisme : « On a un bon équilibre entre le présent et l’avenir », estime Regragui. Dans l’effectif, Ismael Saibari et Chadi Riad, qui ont remporté en 2023 la première CAN Espoirs du Maroc, peuvent montrer à leurs aînés comment on brise une malédiction.

Walid Regregui porté par les Marocains après une victoire.
Walid Regragui, sélectionneur du Maroc, est porté en triomphe par ses joueurs après la victoire face à l’Espagne © Glyn Kirk, AFP

 

Le Sénégal : un costume de champion lourd à porter

Longtemps moqué en Afrique pour son absence de titre, le Sénégal à fait taire les plaisanteries depuis deux ans. Après une finale perdue en 2019, son équipe a remporté la CAN 2022 au Cameroun. Et dans la foulée, elle s’est adjugé le CHAN, la CAN U17, la CAN U20, la CAN de beach soccer… Portée par la meilleure génération de son histoire et par des jeunes brillants, le Sénégal est au sommet du football africain et ambitionne de conserver son titre. Une performance que seuls l’Égypte, le Ghana et le Cameroun sont parvenus à réaliser jusqu’ici.

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Le problème d’être au sommet, c’est qu’on ne peut que redescendre. Et des signaux faibles sont bien là. À la Coupe du monde 2022, les Lions de la Téranga n’ont pas brillé. La défaite contre l’Algérie (0-1), en amical en septembre, a également rendu visibles certaines lacunes, et la plupart de ses cadres ont migré en Arabie saoudite, laissant planer le doute sur la capacité à assumer des matches de haute intensité.

De plus, le Sénégal a hérité d’un groupe plus relevé, avec les Lions indomptables du Cameroun, un derby face au voisin gambien et une Guinée jamais facile à manœuvrer. De quoi craindre une sortie de route dès le premier tour, comme le champion algérien en 2022 ?

La Côte d’Ivoire : favori à la maison

Aurier, Diomandé, Ndicka, Kossonou, Singo, Fofana, Kessié, Sangaré, Adingra, Haller, Konaté, Pépé… N’en jetez plus ! Sur le papier, la Côte d’Ivoire possède un des effectifs les plus impressionnants du plateau. Autant dire que c’est le moment ou jamais de reprendre sa place dans le panthéon africain après trois éditions décevantes. D’autant que les Éléphants joueront devant leurs supporters, qui rêvent d’un nouveau sacre, après celui de 2015.

Cependant, à la maison, la Côte d’Ivoire aura la pression. Une pression qui joue bien souvent des tours à l’hôte en Coupe d’Afrique. Depuis l’Égypte en 2006, plus aucune sélection ne s’est imposée à domicile, alors que les pays organisateurs avaient gagné 11 des 25 CAN précédentes. Les plus anciens supporters des Éléphants n’ont pas oublié la honte de 1984, quand la Côte d’Ivoire avait connu une élimination précoce dès les poules.

• Les outsiders

L’Algérie : un convalescent revanchard

L’année 2022 fut une annus horribilis pour les Algériens. Pourtant auréolée d’une belle série d’invincibilité, l’Algérie a connu coup sur coup une piteuse élimination au premier tour au Cameroun puis une non-qualification cruelle pour la Coupe du monde au Qatar.

Djamel Belmadi sera revanchard pour cette CAN. Il devrait pouvoir s’appuyer sur un brillant mélange entre ses cadres Riyad Mahrez, Ramy Bensebaini, Sofiane Feghouli, Ismaël Bennacer, et la jeunesse émergente, avec notamment Rayan Aït Nouri et Farès Chaibi en têtes de gondole. En septembre, l’Algérie a envoyé un message en battant le Sénégal sur son propre terrain : elle est de retour.

L’Égypte : une équipe à ne jamais oublier

En Afrique, les Pharaons sont rois. Avec sept sacres, dont un fabuleux triplé entre 2006 et 2010, le seul de l’histoire de la compétition, l’Égypte est toujours crainte par ses adversaires. Rare équipe du continent à présenter une liste composée de 100 % de joueurs formés au pays, l’Égypte affiche un bilan très intéressant de 11 victoires en 13 matchs depuis l’arrivée de son sélectionneur, Rui Vitoria.

Reste un cap mental à franchir. En effet, la génération actuelle de Pharaons reste sur deux finales perdues (2017 et 2021). Mohamed Salah, sa star internationale, n’a toujours rien remporté avec sa sélection. Pour autant, difficile d’enterrer les Égyptiens trop vite, leur discipline collective leur a permis plus d’une fois de faire craquer des adversaires plus forts sur le papier.

Mohamed Salah avec le maillot rouge de l'Égypte sur une pelouse de foot, les mains sur les hanches.
Salah gagnera-t-il un jour un trophée avec les Pharaons ? © Khaled Desouki, AFP

 

Nigeria : une attaque de feu et après ?

L’armada offensive des Super Eagles donnerait des sueurs froides au défenseur le plus expérimenté au monde. Et pour cause : Victor Osimhen, tout juste sacré joueur africain de l’année 2023, Ademola Lookman, Samuel Chukwueze, Kelechi Iheanacho, Moses Simon, Sadiq Umar, Ahmed Musa…

Cependant, le football se joue à 11 et ne se gagne pas avec un empilement d’attaquants et de milieux offensifs, sinon le PSG aurait remporté la Ligue des champions depuis longtemps. Le secteur défensif et le poste de gardien inquiètent sur la capacité du Nigeria à aller loin dans la compétition. En 2022 déjà, le Nigeria avait survolé la phase de poules avant de s’effondrer totalement après coup, la faute au déséquilibre de l’effectif. Il ne faudrait pas que les mêmes maux causent les mêmes effets.

Tout comme l’Égypte, le Nigeria aura à cœur de tenir son rang de géant d’Afrique : le pays a déjà été sacré trois fois et compte 15 podiums, un record absolu de la compétition.

• Des équipes à surveiller

Mali : les Aigles parés à décoller ?

Souvent placé, jamais vainqueur. Le Mali est la seule nation non sacrée de notre liste, malgré une finale en 1972 et des podiums en 2012 et 2013. L’édition 2024 peut-être la bonne pour ce pays réputé pour ses talents, régulièrement à l’honneur dans les catégories de jeunes.

Eric Chelle s’appuie notamment sur un des « meilleurs milieux de terrain du monde », selon ses propres mots. Avec Amadou Haïdara, Yves Bissouma et Mohamed Camara, il est vrai qu’il a fier allure. Cependant, les absences risquent de porter préjudice : Ibrahima Koné, Adama « Malouda » Traoré, Cheick Doucouré, sont blessés, tandis que le gardien Mamadou Samassa a décliné sa sélection pour se concentrer sur le Stade Lavallois (Ligue 2 française).

Tunisie : un palier à passer ?

Troisième nation africaine au classement Fifa (28e mondiale), derrière le Maroc (13e) et le Sénégal (20e), la Tunisie a pourtant rarement brillé à la CAN. En 20 participations, les Aigles de Carthage n’ont été sacrés qu’une fois, en 2004, à domicile, après avoir été finalistes en Afrique du Sud en 1996, et en 1965, encore chez eux.

La Tunisie a une solidité défensive à tout épreuve : les Aigles de Carthage ont bouclé leur campagne qualificative avec un seul but encaissé, soit le meilleur bilan parmi les équipes engagées. Cependant, il faudra être capable tenir la distance alors que l’équipe est en pleine transition avec la retraite internationale de Whabi Khazri et un Youssef Msakni vieillissant, tandis que de nouveaux cadres tardent à émerger.

Le Cameroun : toujours se méfier du lion qui dort

« Un lion ne meurt jamais, il dort », dit le proverbe camerounais. Or, les Lions indomptables semblent plongés dans la léthargie ces derniers mois. Le quintuple vainqueur de l’épreuve a eu bien du mal à se qualifier, tremblant jusqu’au tout dernier match des éliminatoires. L’effectif actuel apparait faible, avec seul Zambo-Anguissa et André Onana évoluant dans des clubs de premier plan européen.

Cependant, le Cameroun est capable du meilleur quand on s’y attend le moins, à l’image de cette victoire de prestige face au Brésil durant le Mondial au Qatar. Les Lions indomptables ne devront cependant pas dormir trop longtemps, car le groupe de la mort les attend.

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