CAN 2024 : Kamory Doumbia, l’Aigle du Mali qui prend son envol

CAN 2024 : Kamory Doumbia, l'Aigle du Mali qui prend son envol

Méconnu en France jusqu’à un retentissant quadruplé inscrit avec Brest en décembre, Kamory Doumbia est déjà, à 20 ans, un élément essentiel de la sélection malienne. Le meneur de jeu des Aigles au fort potentiel aura sans doute à cœur de briller, mardi à Korhogo, lors du huitième de finale de CAN 2024 face au Burkina Faso voisin.

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Le monde du ballon rond ne le connaissait pas il y a encore quelques mois. Mais le milieu international du Mali Kamory Doumbia, actuellement avec les Aigles en Côte d’Ivoire pour la CAN 2024, du haut de ses 20 ans, est entré dans la lumière il y a un peu plus d’un mois en Ligue 1.

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En inscrivant un quadruplé avec Brest face à Lorient en une mi-temps, le 20 décembre 2023, celui qu’on surnomme la Toupie est devenu le deuxième joueur à réaliser cette performance sur les 60 dernières années dans le championnat français, après Edinson Cavani.

Le meneur de jeu des Aigles est plus connu pour ses talents de buteur au Mali : depuis sa première sélection, le 23 septembre 2022, Kamory Doumbia a inscrit 5 buts en 11 sélections. À cela s’ajoutent 3 passes décisives, dont 2 délivrées à Lassine Sonayoko durant cette édition de la CAN – face à l’Afrique du Sud (2-0) et face à la Tunisie (1-1).


« Son quadruplé (en Ligue 1) a beaucoup fait parler, mais ça ne m’a pas étonné, c’est un diable devant le but », raconte à son sujet à l’AFP Vincent Dufour, qui l’a repéré et recruté à 11 ans à l’Académie Jean-Marc Guillou de Bamako.

Avant cette performance, Kamory Doumbia ne s’était pas encore vraiment illustré dans le championnat français – à Reims, puis en prêt à Brest – avec seulement 5 buts marqués en 50 matches disputés.

« Je donnais le tournis aux autres »

Mais le jeune milieu de terrain malien a tout de même rapidement franchi les étapes qui l’ont mené vers une carrière professionnelle. Tout a commencé par la passion du foot et une vie d’enfant « normale », comme il l’a expliqué dans une interview à Onze Mondial en juin 2022 : « J’ai connu une enfance normale, comme celle de tous les jeunes de Bamako. J’ai toujours aimé le foot, par contre, je n’aimais pas aller à l’école. »

Issu d’une fratrie de sept frères et trois sœurs, avec un père cuisinier et une mère au foyer, Kamory Doumbia joue d’abord dans le centre de formation de son quartier, avant d’être invité par l’Académie Jean-Marc Guillou de Bamako. Durant le tournoi, il « brille » et est recruté par Vincent Dufour.

Il est alors notamment formé avec Rominigue Kouamé (actuellement à Cadiz, en Liga) ou encore Yves Bissouma (à Tottenham, en Premier League), qui dispute d’ailleurs la CAN avec lui. C’est durant son passage à l’Académie que Kamory Doumbia se fait surnommer la Toupie : « Lorsqu’on jouait en 6 contre 6, je faisais bien tourner le ballon, du coup, ils m’appelaient ‘La Toupie’ car je donnais le tournis aux autres », explique-t-il.

Le jeune joueur est ensuite repéré et recruté par Reims. L’adaptation de Kaomory Doumbia à son nouvel environnement se passe bien, sauf au niveau… du climat. Il se souvient : « Quand il a commencé à faire froid, j’ai connu mon premier choc. Lorsqu’on s’entraînait, il faisait 2°C. Quand je faisais une passe ou un tir, je ne sentais même pas mon pied. »

Un « vrai » n°10 qui a « tout pour le très haut niveau »

La suite, c’est une adaptation express aux exigences de la Ligue 1, même s’il a encore une grande marge de progression. « Normalement il ne lui faut pas trois occasions pour en mettre une au fond », reprend Vincent Dufour, désormais directeur général des Académies JMG. « C’est plus une question de confiance, il l’a totalement avec le maillot du Mali sur les épaules. Là-bas il est un patron offensif, il n’a pas peur de prendre le jeu à son compte ».

Son entraîneur à Brest, Éric Roy, avait bien noté cette dichotomie. En novembre, « il avait marqué deux buts en deux matches » avec les Aigles, en qualification pour le Mondial-2026, contre le Tchad (3-1) et la Centrafrique (1-1), rappelle le technicien brestois. « Donc en rentrant, avant le match contre Montpellier, on lui a dit, maintenant il faudrait que tu commences à marquer avec nous. Et il l’avait fait dès le match contre Montpellier (victoire 3-1). Donc, en fait, à ‘Kamo’, il faut juste lui demander, quoi ! ».

Le positionnement de Kamory Doumbia semble aussi important pour en tirer le meilleur. De l’aveu d’Éric Roy et du sélectionneur du Mali, Éric Chelle, le jeune milieu de terrain brille surtout en position de meneur de jeu.

« Pour moi, c’est un n°10, un vrai comme on n’en fait plus beaucoup. Il se déplace bien entre les lignes, fait jouer son équipe tout en étant capable d’être à la dernière passe ou à la finition », a expliqué Éric Chelle à Ouest-France le 2 décembre. « C’est un vrai n°10 buteur », renchérit Vincent Dufour. « On espère qu’il va confirmer, car il a tout pour le très haut niveau ».

Humble et conscient qu’il peut encore progresser, Kamory Doumbia aura sûrement à cœur à s’illustrer de nouveau face au Burkina Faso, mardi 30 janvier, en huitièmes de finale de la CAN. Quand Onze Mondial l’interrogeait sur ses rêves, il pensait tout de suite aux Aigles : « J’aimerais remporter un maximum de titres, notamment des trophées avec ma nation, le Mali ». « En dehors du football, je rêve d’aider le maximum de personnes, surtout les orphelins et les gens dans le besoin. »

Avec AFP

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