Avant les demi-finales, nos tops et nos flops de la CAN 2024

Avant les demi-finales, nos tops et nos flops de la CAN 2024

Les quarts de finale de la CAN 2024 sont désormais terminés. Il ne reste plus que quatre équipes en lice et autant de matches. L’occasion de tirer un premier bilan de cette compétition en Côte d’Ivoire. Voici les tops et les flops de la Coupe d’Afrique.

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Les Tops : accueil, surprises et spectacle !

Akwaba

« Bienvenue » en langue akan, employé par des groupes ethniques de Côte d’Ivoire et du Ghana voisin. Plus qu’une expression, Akwaba symbolise l’hospitalité envers les visiteurs et ce n’est pas un vain mot pour les Ivoiriens, qui en ont fait un véritable art de vivre. Pour cette Coupe d’Afrique chez eux, le mot est partout : c’est le nom de la mascotte et de l’hymne chanté par Magic System.


Et force est de constater que la réputation des Ivoiriens n’est pas usurpée. Souriants et accueillants, ils se font un plaisir de recevoir toute l’Afrique et les scènes de fraternité sont nombreuses.

Une « CAN de l’hospitalité » ivoirienne hors et sur le terrain. Les stades sont accueillants, et de nombreux participants ont loué la qualité des infrastructures. De belles pelouses dans les stades malgré l’enchaînement des matches, mais aussi sur les terrains d’entraînement.

La « CAN du travail »

L’expression est de Sébastien Desabre, sélectionneur de la RD Congo. Interrogé avant le quart de finale des Léopards face à la Guinée (3-1), l’entraîneur a opposé à l’expression « CAN des surprises » celle de « CAN du travail ». « Les équipes qui sont en quart de finale sont toutes des belles équipes », a-t-il ajouté. Les Congolais font partie de ceux qui réussissent leur CAN 2024 : qualifiés dans le dernier carré, élimination de l’Égypte en 8es de finale, match nul contre le Maroc… La RD Congo est au rendez-vous.

 

Tout comme le Cap-Vert et l’Afrique du Sud, qui se sont affrontés en quart de finale. Comme au Cameroun la dernière fois, les Requins bleus proposent un jeu enthousiasmant : ils ont notamment sorti le Ghana et fait match nul contre l’Égypte. Quant aux Bafana Bafana, ils poursuivent discrètement leur route jusqu’en demi-finales : après un match nul qui éliminait la Tunisie en poules, ils ont surtout créé la sensation en sortant le Maroc en huitièmes de finale, puis le Cap-Vert, pour atteindre le dernier carré.

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La Guinée équatoriale et l’Angola sont aussi de bonnes illustrations de cette « CAN du travail ». Deux victoires, un match nul, huit buts marqués pour un seul encaissé : le Nzalang a survolé son groupe avant de s’incliner en huitièmes de finale face à la Guinée. L’Angola a aussi fait un bon parcours en phase de poules et s’est même hissé jusqu’en quarts de finale, avant de croiser la route du Nigeria. Les « petits » ne sont pas condamnés à le rester, et cette Coupe d’Afrique est là pour le rappeler.

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Du spectacle

La prochaine fois qu’un aigri vous dit que la Coupe d’Afrique des nations est une compétition sans spectacle, sans buts, avec des matches à faible intensité en plein cagnard, parlez lui de cette CAN 2024. Un festival de buts incroyables, des dribbles chaloupés à la pelle et seulement quatre rencontres sans but en 48 matches. Il a fallu attendre la 33e rencontre pour voir le premier 0-0, alors que dans le même temps 89 buts ont été inscrits durant les 36 matches au premier tour – soit 2,5 en moyenne par match. Un record. 

La CAN 2024, c’est du régal. Prenez par exemple ce modeste Angola – Mauritanie (3-2) de la deuxième journée. Qui aurait cru encore que l’affiche dans l’ombre d’Algérie – Burkina Faso offrirait autant de buts spectaculaires avec un match complètement débridé ? Cette Coupe d’Afrique vaut le détour.


Les flops : turn-over, billetterie et journalistes

Les sélectionneurs sur des sièges éjectables

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Après le premier tour, alors que huit équipes étaient éliminées, six entraîneurs ont quitté les bancs de leur sélection. Djamel Belmadi (Algérie), Adel Amrouche (Tanzanie, suspendu pour des propos malvenus), Chris Hugton (Ghana) ont été démis de leur fonction. Tout comme Jean-Louis Gasset, alors même que la Côte d’Ivoire n’était pas encore éliminée, et qu’elle s’est d’ailleurs qualifiée et poursuit sous les ordres d’Emerse Faé. Jalel Kadri (Tunisie) et Tom Saintfiet (Gambie), eux, on fait le choix de démissionner. Quant à Walid Regragui (Maroc) et Aliou Cissé (Sénégal), leur avenir n’a pas encore été tranché après leur sortie en huitièmes de finale.

L’Afrique est impitoyable avec ses sélectionneurs, ça ne change pas, alors même que leurs profils sont de plus en plus variés. Mais au moment où le niveau se resserre et que les équipes sont de plus en plus compétitives, on peut se demander si le fait de changer de sélectionneur à chaque revers est une solution pour progresser et gagner en régularité.

Les favoris au tapis

Dehors les cadors. La plupart des favoris et outsiders pour la victoire finale ont été rapidement éliminés de cette CAN. Le Ghana, la Tunisie et l’Algérie sont sortis à l’issue des matches de groupes – pour la seconde Coupe d’Afrique d’affilée en ce qui concerne les Fennecs. Le Maroc, le Sénégal et le Cameroun sont, quant à eux, rentrés chez eux à l’issue des huitièmes de finale. Les Lions de l’Atlas, demi-finalistes du Mondial-2022 et candidats déclarés à la victoire finale, sont tombés face à l’Afrique du Sud. Les Lions de la Téranga, champions d’Afrique en titre, ont été éliminés par une Côte d’Ivoire qui a su renaître de ses cendres. Et les Lions indomptables se sont logiquement inclinés face au Nigeria. Seuls les Super Eagles assument, pour le moment, leur statut de favori en étant qualifiés dans le dernier carré.

Des stades difficiles à remplir

Pendant la première semaine de compétition, on se désolait de voir des tribunes quasi-vides. Certes l’engouement n’y était pas encore, mais surtout de nombreux supporters ont dénoncé une pénurie de billets, achetés en masse par des revendeurs, et des difficultés pour les commander en ligne. La CAF et le comité d’organisation ont ensuite pris des mesures pour tenter d’y remédier.


Certains stades ont ouvert leurs portes en cours de match pour laisser entrer des spectateurs, et force est de constater que les tribunes sont désormais bien remplies et animées. Le niveau relevé de la compétition a dû jouer aussi, et les Ivoiriens, un peu refroidis par le parcours chaotique des Éléphants, ont repris du poil de la bête et c’est tout un pays qui est devenu Orange.

En imagesÀ la CAN 2024, des supporters hauts en couleur

Des journalistes trop supporters

Une altercation entre des reporters sénégalais et guinéens, des joueurs ghanéens sifflés par des journalistes, des médias congolais accusés de violences par les journalistes marocains… Depuis le début de la CAN, les espaces réservés à la presse présentent un triste spectacle. À tel point que l’Association internationale de la presse sportive et la CAF ont émis des communiqués pour tancer vertement les « hommes de média », comme on les appelle sur le continent. 

Si le fait de se chambrer entre confrères de différentes nationalités a souvent été de mise lors des compétitions internationales, il est intolérable que cela dépasse la blague confraternelle pour en venir aux mains. La CAF a promis de sévir. 

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