Attentat à Strasbourg : le procès s’ouvre à Paris, quatre hommes jugés pendant cinq semaines

Attentat à Strasbourg : le procès s'ouvre à Paris, quatre hommes jugés pendant cinq semaines

Quatre hommes soupçonnés d’avoir œuvré dans la fourniture d’armes à l’assaillant vont comparaître dans le procès de l’attentat de Strasbourg qui s’ouvre jeudi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Le 11 décembre 2018, Chérif Chekatt avait surgi en plein cœur du marché de Noël de Strasbourg, tuant cinq personnes et en blessant onze autres par arme à feu. Traqué pendant deux jours, il avait finalement été tué dans un échange de tirs avec la police.

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Cinq personnes avaient été tuées, et onze autres blessées, en dix minutes à peine sur le marché de Noël de Strasbourg le 11 décembre 2018. Le procès de cet attentat s’est ouvert, jeudi 29 février, devant la cour d’assises spéciale de Paris, en l’absence de l’assaillant, un homme radicalisé abattu après 48 heures de traque.

Dans cette affaire, quatre hommes, soupçonnés d’avoir joué un rôle, à des degrés divers, dans la fourniture d’armes à l’auteur des coups de feu, vont comparaître pendant cinq semaines devant la cour d’assises spéciale, composée uniquement de magistrats.

Un cinquième suspect, qui avait également été renvoyé en procès par les juges d’instruction, a finalement fait l’objet d’une disjonction en raison de son état de santé, incompatible notamment avec la durée du procès. Il pourrait être jugé, seul, ultérieurement, et sur une plus courte période.

Ce soir du 11 décembre 2018, Chérif Chekatt avait surgi en plein cœur du traditionnel marché de Noël de Strasbourg et ouvert le feu sur des passants en criant « Allah Akbar ».

Au total, il avait tué, en dix minutes, cinq personnes et en avait blessé onze autres.

Il avait ensuite pris la fuite à bord d’un taxi. Le chauffeur du véhicule, Mostafa Salhane, était parvenu à convaincre l’assaillant, blessé, de s’arrêter pour le soigner et avait profité d’un moment d’inattention de ce dernier pour reprendre le volant et partir en trombe vers un commissariat proche.

Il avait ainsi permis aux enquêteurs d’identifier le meurtrier, un multirécidiviste de 29 ans, condamné 20 fois en France pour des faits de droit commun et fiché S pour radicalisation islamiste.

Traqué pendant deux jours, Chérif Chekatt avait été repéré dans le quartier strasbourgeois de Neudorf et tué dans un échange de tirs avec des policiers.

Le lendemain, l’attentat avait été revendiqué par le groupe État islamique, un acte toutefois jugé opportuniste par les enquêteurs. Une vidéo d’allégeance à l’EI avait néanmoins été retrouvée sur une clé USB au domicile de l’assaillant.

Audrey Mondjehi, principal accusé

Cinq hommes ont par la suite été mis en examen dans ce dossier pour avoir fourni à Chérif Chekatt des armes, dont un revolver d’ordonnance modèle 1892 utilisé lors de l’attentat.

Finalement, les juges d’instruction n’ont retenu la qualification terroriste que pour l’un d’eux, Audrey Mondjehi, un ancien codétenu de Chérif Chekatt.

Cet accusé de 42 ans, le seul à être toujours en détention provisoire, sera jugé pour complicité d’assassinats et de tentatives d’assassinat, notamment sur personnes dépositaires de l’autorité publique, le tout en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Selon l’ordonnance des magistrats, dont a eu connaissance l’AFP, Audrey Mondjehi a joué « un rôle indispensable dans la fourniture d’une arme » à l’assaillant en le mettant en contact avec des personnes qui lui ont vendu des armes, alors qu’il « ne pouvait ignorer, voire qu’il partageait, tout ou partie des convictions radicales de Chérif Chekatt ».

Âgés de 34, 37 et 39 ans, les trois autres accusés, soupçonnés d’avoir participé d’une manière ou d’une autre à la fourniture d’armes, devront pour leur part répondre d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes. Ils encourent 10 ans d’emprisonnement.

Aucun élément n’a permis d’établir qu’ils avaient eu connaissance du projet terroriste du tueur, ont estimé les juges antiterroristes.

Selon Mostafa Salhane, devenu président de l’Association des victimes d’attentats, le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme a reconnu 90 victimes directes des faits commis par Chekatt.

Avec AFP

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